Marionnettes Prison

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  • : La "Cie Les Mille et une Vies" (Lille, 59) est intervenue dans des Maisons d'Arrêt (en 2006); avec le temps le journal de bord des ces actions est devenu le journal de notre Théâtre de Marionnettes Itinérant dans lequel nous pouvions vous raconter nos spectacles et ateliers, les joies et les déboires d'une Cie Contemporaine et des ses artistes permanents. Cie Les 1001 Vies Théâtre de Marionnette Itinérant. nous contacter : lesmilleetunevies@wanadoo.fr
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Nouvelles d'une Cie

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Du 18 au 21 février 2008
tous les jours de 14H à 17H
stage
"Construction Marionnettes gaine à bouche"
Haut-Escaut

Le 27 février 15H
"Les Aventures de Germain Lenain"
Scènes du Haut Escaut
à Cantaing sur Escaut

et aussi

à partir du 26 février
reprise des ateliers

Exploration Marionnettique
au Collège Chatelet à Douai
tous les mardi de 13H à 15H

atelier d'expression
à Wingles
tous les mardi de 17H à 19H

avec la Porte du Hainaut
tous les mercredi
à Maulde de 10H à 12H
et à Avesnes-le-Sec de 14H à16H

et encore
tous les vendredi
A l'école Marmottan
à Bruay la Bussière
de 13H30 à 16H30

Pour plus de Renseignements
Compagnie les 1001 vies
03 20 88 44 58
ou 06 09 76 95 26
 
écrire un mail


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- le changement climatique est un problème majeur, pas uniquement écologique, mais aussi politique et économique
- s’attaquer sérieusement à ce problème implique une remise à plat de nos modèles économiques et, particulièrement, de la notion de «croissance».
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Dimanche 11 mai 2008

 

Face au désengagement sans précédent de l'Etat, des artistes et des acteur(e)s du monde de l'art et de la culture, tous domaines confondus, se sont réunis pour affirmer le caractère essentiel de la création, le droit inaliénable pour tout être humain d'accéder à l'imaginaire et à la pensée, à l'éveil sensible et à l'esprit critique.


Tous les champs et toutes les disciplines de l'art et de la culture appellent à une mobilisation pour une politique culturelle ambitieuse, intelligente et généreuse, à la hauteur de l'enjeu démocratique.


Pour lire le manifeste "sauvons la culture" et le signer cliquez ....sauvons la culture


Mise à jour Lundi 12 mai 01H01
après un commentaire et ma réponse... d'autres appels à signer... Signez, signons aussi l'appel "le servcice public est notre richesse" c'est ici http://petitions.fsu.fr/ ... N'oubliez pas de signer, signez, signons aussi l'appel pour l'abolition de la loi sur la retention de sureté c'est là http://www.contrelaretentiondesurete.fr/
par Cie Les Mille et Une Vies publié dans : Autre inclassable
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Jeudi 17 avril 2008


Demain est arrivé ; la Compagnie Les Mille et une Vies aura dix ans en novembre prochain. Avec l'âge arrivent les questions, les remises en question, les envies de transformation ou de remise à plat...  Ce qui nous semble évident, les mots qui nous habitent et nous disent "Il faut continuer", ces mots donc sont suivis d'autres mots "pouvons nous continuer ? " et tout de suite, de questions complémentaires comme "que devons nous changer?". En somme, nous nous demandons comment être, comment grandir dans cette époque qui ne cesse de dire que la culture et l'art ne sont rien ?
Un temps.
Dans le noir, un semblant de réponse paraît, "nous devons évoluer ou lentement disparaître".
Un temps, je cesse de penser à l'ensemble et me concentre sur le particulier. Je reviendrais à l'ensemble plus tard, mais pour l'heure tentant de me concentrer je regarde ce que cet espace, ce blog, Marionnettes en Prison représente.
Un autre temps donc pendant lequel, repensant à cet espace, lieu de parole dans lequel mot après mot nous adressons notre quotidien, nos expériences, nos rires et peines...
Un temps encore.
J'imagine, le blog comme un devoir, j'aurais 8-9 ans et on me dirait, mets en application ceci, mets en application cela, exerce toi....
Un temps, toujours et encore, un temps.
Puis, non, je me dis que je ne continue pas par devoir mais par choix et nécessité. Espace de parole, ce journal en ligne permet de mettre à jour mes pensées, les vérifier, certaines fois les regardant embrouillées, je les fait évoluer. Mais pourquoi mettre en ligne, donner à lire et entendre ? Quel étrange jeu, que celui là, le "je" de la compagnie, un temps mis à nu ?
Je reviens à l'ensemble et repense, la Compagnie Les 1001 Vies aura dix ans... Ce lieu en aura deux bientôt. Deux ans, ne sont rien mais brouillons, nous nous interrogeons sur le devenir de cet espace. Devons-nous continuer de l'alimenter ? Un journal ?
Il me faut revoir comment l'espace s'est construit. Comment s'est-t-il animé ? Ce blog a été ouvert en 2006 pour servir de lieu d'échange avec les familles de ceux qui, en Maisons d'arrêt suivaient nos ateliers. Mais  lieu d'échange, en fait, le blog ne le devint jamais ; les lecteurs silencieux, y venaient puis repartaient... Une fois que les actions en Maison d'Arrêt se sont arrêtées, nous avions pris l'habitude d'écrire ici, et nous avons continué... Aujourd'hui, deux ans plus tard, qu'est-ce donc que ce lieu ? Qu'est donc devenu cet espace ? Avec le temps,  cette maison virtuelle a grandi et a abrité les belles et les sales choses ; sans réflexion, tête baissée, continuant d'avancer, habitués que nous étions de nous plier à l'exercice que nous imposait le lieu,  nous l'avons laissé aller. Et Marionnettes en Prison est devenue maison iconoclaste dans laquelle se croisent enfants des ateliers venant récupérer nos mots et leurs photos et promeneurs du hasard et des mots-clés. Nous mettons en ligne nos photos, nos doutes, nos projets...Cela permet à ceux que nous connaissons, les enfants suivant les ateliers, à Wingles ou Maulde, à Avesne-le-Sec, à Douai, leurs familles, se promenant dans cet espace de découvrir notre univers, de mieux nous connaître, ça fait partie du jeu qu'on a décidé de jouer.
Un temps encore.
Puis reprenant, utilisant peu les cadres traditionnels, nous en avons inventé d'autres mais nous nous retrouvons face à des limites...aux limites de notre réactivité...
Mais ces mots, ce journal nous prennent du temps, il nous permettent de mieux nous connaître et, imaginant le lecteur, toi, nous imposent de travailler la langue en direct. Sans trop de corrections, avec des fautes, de grammaire, d'orthographe et peut-être parfois même de goût. Mais cela est connu, les goûts et les couleurs ne se discutent pas. Je ne te demande pas les tiens, tu ne me demandes pas les miens. Je te donne à lire et j'avance ainsi ; mot après mot la phrase paraît.
Un temps.
Ce lieu, Marionnettes en Prison, aujourd'hui nous nous demandons si il ne devient pas trop fouillis et, si nous ne devrions pas le faire évoluer... Plus que les catégories, qui nous permettent de classer nos articles nous nous posons la question d'imaginer un site ou nos points de vue ne s'entrechoquent pas autant qu'ici... Dans ces choix, rien, aucune carte ou repère pour nous guider.. Alors, on en reparlera, mais ça devrait se transformer ; à notre rythme, pas trop vite, mais ça devrait changer ou fermer...
par Fabrice Levy-Hadida - Théâtre de Marionnettes Itinérant - Cie Les Mille et Une Vies publié dans : Cie Les Mille et une Vies
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Mardi 15 avril 2008
Que reste-t-il ? Je tourne sur moi-même, tourne, tourne et perdant l'équilibre, me retrouve au sol. Le temps, un temps passe jusqu'à ce qu'ouvrant les yeux, je me décide à remonter et recommencer. Oui, me dis-je, remonter et recommencer. Mais avant, dans cette perte momentanée de repère, je savais qu'il est bon de ne pas être ! Et puis je reviens. Mes voyages intérieurs, mes découvertes, mes lectures reviennent.
Esprit qui revient sur ces chiffres vus, revus sur prison.org ; l'Observatoire de Droits Fondamentaux fait savoir que 14 personnes sont mortes en prison ; 14 suicides et morts suspectes connues depuis le début de l'année 2008. La peine de mort abolie, revient le temps de la souffrance. Pendant que résonne le mot "disparus", je tourne et tourne encore sur moi-même jusqu'à ce qu'enfin, esprit ballant, mon corps s'affale. Quatorze hommes. Quatorze êtres humain. Quatorze secondes. Je ne garderais pas longtemps l'oubli  alors, je le réchauffe entre mes mains, pour qu'il dure encore un instant, juste un instant. La mémoire, quand on veut la perdre, elle s'accroche.
Mes yeux ouverts, les mots tombent. Confusion de jour en jour grandissant, la peur devient habituelle. Non, je ne rêve pas, les outils de répulsion et de rejet de l'autre se précisent ; du pistolet à électricité aux boites à ultra son permettant d'éloigner les jeunes,
l'arsenal de la peur se confirme . Les interdits grandissent, jour après loi, on te donne le choix, " te taire" ou "on te fait taire". Voix silencieuses, les morts ne se lèvent pas.
Comment faire ? Je perds mon métier. Epoque étrange, pendant qu'elle avance je sens, qu'elle m'éloigne de mon métier.. Le sens de mon métier, grandissant dans la croyance et la solidarité, la confiance en l'humanité, le sens de mon métier donc, je perds lentement. Mes phrases, mes échanges avec le monde, se désorganisent. Se concentrer, ils ne doivent pas gagner, ne pas être empêché, continuer.... Demain, continuer...

par Fabrice Levy-Hadida - Cie Les Mille et Une Vies - Théâtre de Marionnettes Itinérant publié dans : Autre inclassable
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Vendredi 11 avril 2008
La Cie Les Mille et une Vies, ses salariés, ses objets, ses marionnettes, son Théâtre de Marionnettes Itinérant,  tous, sont en vacances.... Semaine posée, nous avons décidé, depuis lundi 7 et jusque lundi prochain de prendre quelques jours de vacances avant de continuer, de nous y remettre ; et je constate que je n'ai pu m'empêcher d'aller au bureau, de travailler, de m'avancer dans quelques tâches, de faire montages et autre calculs. Dorothée a fait de même, avançant dans un fichier d'envois et dans diverses réparations et préparations d'ateliers. Lundi et mardi j'y étais ; avant-hier mercredi, c'est Dorothée qu'y s'y collait ; nous n'arrivons pas à nous décoller de notre réalité. Cet espace, le blog, Marionnette(s) en Prison, je devrais l'oublier, l'abandonner, ne pas en être pendant des vacances mais, voila, ça n'est pas moi, cet espace j'y viens quand je veux, et, quand je peux, je l'alimente....
Pendant ces jours de "simili vacances" la réalité est soudain plus frappante, les yeux regardent autour de moi et semblent découvrir la transformation tranquille mais inéluctable de notre société.  Quand je vais au bureau, et que je regarde  y allant, au delà de notre territoire, de nos locaux, ce qui me parvient de ce quartier de Lille, me fait découvrir une réalité triste, un quartier abîmé.  Et au delà, dans la ville, la région, le pays, le même sentiment m'assaille... Humainement, il y a tout a construire mais, le monde avance détruisant systématiquement les constructions humaines. Les rebellions sont vite écrasées... Serait-on en guerre et nous la cacherait-on qu'on ne s'y prendrait pas autrement...Les bruits de bottes reviennent ? Bruits accompagnés par le doux son des tiroirs caisse... La Guerre, facteur de croissance...  Vite se taire, vite retourner aux abris. La peur s'installe, elle est lisible sur les visages. J'étais étonné lundi soir, rentrant du bureau, lorsque sortant du métro, je vis la ville désertée ; devant moi une jeune fille semblait se diriger vers son intérieur, presque courant, écouteurs bien enfoncés dans les oreilles ; tentant d'éloigner sa peur, monde de peur, elle courrait presque pour échapper à ce monde... Les rues étaient vides !
Il ne faut pas se laisser faire, il nous faut reconstruire la confiance, il nous faut rétablir les lignes mais, les caméras se multiplient ; mais, "le journal de référence confond "jeune à capuche" et "racaille" ; mais, les hommes en bleu semblent moins hésiter à requérir à la force, à la matraque ; mais, des hommes meurent en tentant d'échapper aux forces de l'ordre ; mais, le taux d'occupation de certaines prisons a dépassé les 178% ; mais, Jéremy, 19 ans est retrouvé mort dans sa cellule ; mais les tribunaux ne s'occupent pas de certaines "affaires"... N'oublie pas, si tu ouvres la bouche, je cogne alors, n'ouvre pas la bouche si tu ne veux pas que je te cogne.
Je me dis qu'il n'y a pas a désespérer, que la jeunesses avancera et que nous, quarante ans dans nos poches, nous suivrons. ... J'ai fermé les yeux et j'ai pensé à autres choses, je me suis mis en vacances...
Avant de nous mettre en simili vacances j'ai animé un stage au Collège Châtelet pour les 6 collégiens participant à l'Exploration Marionnettique. J'avais décidé de faire monter la pression pour les faire avancer plus vite. Le temps était compté, j'avais trois jours, trois séances de 4 heures, pour amener les collégiens à créer un objet marionnettique filmique ou spectaculaire. C'est ainsi qu'ils ont écrit TEMOIGNAGE(s), racontant leur histoire, utilisant ce qu'ils avaient compris de l'art de la marionnette pour que ce film soit le leur... animé... Malgré la pression, avec les collégiens, Andréa, Antoine, Nazhia, Nabil, Margaux et Simon, pendant ces trois jours, nous avons passé des moments sensiblement agréables  ; mais à aucun moment malgré les réductions de poste dans l'éducation nationale, malgré l'actualité de certaines grèves étudiantes vite réprimées, à aucun moment disais-je, je n'ai senti dans ces jeunes collégiens, un "vent de révolte en oeuvre" ; pour ceux là, j'ai eu le sentiment d'une (dé)connexion du réel et, si il naît un jour -le vent de révolte- il faudra l'aider et le faire sortir au forceps... Mais peut-être était-ce seulement le temps qui nous manquait et qui nous empêchait d'aborder des sujets plus sensibles....
Article plus ou moins Corrigé  et Mis à jour le 11 avril 19h37...
par Fabrice Levy-hadida - Théâtre de Marionnettes- Lille- Douai - Cie Les Mille et Une Vies publié dans : Cie Les Mille et une Vies
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Mardi 8 avril 2008
TEMOIGNAGE(s), une vidéo réalisée avec des collégiens du Collège Chatelet à Douai
au cours du dernier stage (12heures)... Ce film pas tout a fait terminé, m'amuse beaucoup surtout,
le personnage de Yann Farys, artiste encadrant...

par Cie Les Mille et Une Vies publié dans : Cie Les Mille et une Vies
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Vendredi 4 avril 2008

 

Depuis début janvier nous avons entamé la construction de marionnettes avec les enfants inscrits aux ateliers de La Porte du Hainaut à Maulde et Avesnes-le-Sec…  Je me souviens que, sur les premières séances, quelques enfants trouvaient l’exercice un peu difficile et avaient peur de ne pas y arriver ! Nous, leur avons proposé de construire 2 marionnettes chacun. Avec la première, les enfants ont pu découvrir et appréhender les différentes étapes de construction ; cette première expérience leur a permis de se lancer dans la construction de la seconde marionnette avec déjà une petite maîtrise des outils et étapes ce qui leur permettait davantage de liberté et de précision dans leurs réalisations…  Du premier morceau de mousse enlevé au dernier passage de l’aiguille, les enfants se sont laissés surprendre par leurs propres capacités de créateurs en herbes face aux personnages naissant des différentes étapes de construction ! C’est avec un regard émerveillé qu’ils ont vu se préciser, courant mars, l’esthétique de leurs marionnettes.  C’est avec un regard amusé qu’ils ont vu apparaître les personnages ! Le mercredi 02 avril, les marionnettes étaient là et le doute des premières séances étaient bien loin !…

 

A Alison, Amandine, Ambre, Clara, Estelle, Florian, Léa, Nicolas, Océane…

et à Alexandra, Alexia, Chloé, Sandrine et Thomas…

je dis bravo ! Vos marionnettes sont très réussies !

Aux parents (surtout les mamans !) et grands-parents (surtout les mamies !), je dis merci d’avoir apporté toutes sortes de tissus qui ont permis de compléter mon apport et d’offrir plus de choix aux enfants pour habiller leurs personnages !

Les dernières photos sont visibles (toujours au même endroit), n’hésitez pas à laisser vos commentaires… Enfants de Maulde, dites nous ce que vous pensez des marionnettes construites à Avesnes ; Enfants d’Avesnes , dites nous ce que vous pensez des marionnettes construites à Maulde !…

Bonne vacances à vous, on se retrouve à partir du 23 avril pour mettre en vie vos drôles de poupées !.. Dorothée

 

 

par Dorothée Saint-Maxent - Cie Les Mille et Une Vies publié dans : Cie Les Mille et une Vies
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Vendredi 4 avril 2008
Scène 1 improvisation écrite , comment Les Aventures de Germain Lenain commence, recommence...

Le manipulant et le public (Entretenant complice, à force d'oeillades et autres grimaces, une relation avec certains des spectateurs)

Le manipulant : Il entre, regarde le public puis sort. Il entre à nouveau une tonalité lointaine, voix faible excusez moi, mais... je veux vous dire, (bafouille, silence,) le spectacle est annulé,( silence, il sourit, fait volte face et reprend, un peu plus fort), ah non ce n'est pas ça, ce n'est pas bon, je recommence, (il fait mine de sortir, puis très vite revient, voix différente) le spectacle de marionnette est annulé (imaginez le silence, le manipulant baisse la tête, silence, lève la tête regarde le public) en général...vous savez, la réaction c'est autrement, je veux dire ce n'est pas bon, je recommence, ce n ‘est pas bon, (il fait mine de sortir, revient regarde les spectateurs, voix enjouée, voix différente) le spectacle de marionnette est annulé (réaction du public), ah, c'est mieux mais ce n'est pas encore tout à fait ça, je recommence (et tant que la réaction n'atteint pas un certain paroxysme, le manipulant continue faisant mine de sortir, revenant et changeant de voix, mimant la joie, la déception, de voix différente en voix différente il continue) le spectacle de marionnettes est annulé, ce n'est pas bon je recommence... (il continue, manipulant, jusqu'à ce que le public lui donne des OH et des AH à sa guise. Puis une fois satisfait, il reprendra, voix de normalité fatigué) non vous comprenez j'suis fatigué , tellement fatigué que je meurs, je suis fatigué à en mourrir, vous comprenez (il mime une chute -vous entendez le rire des enfants ?- alors, se relevant il dit) ça c'est l'humanité, moi je vous dis que je suis fatigué, que je suis même tout prêt de mourir et vous vous riez (d'autres rires fusent) et puis j ‘ai pas envie, non, vraiement pas envie...

En plus,  je sais que ce que je vais vous montrer ne va pas vous plaire, et puis la vie est moche et mes marionnettes aussi, non, sérieusement vous voulez voir un spectacle de marionnettes (entendez dans vos inconscients le « oui » du chœur antique enfantins) c'est pour les petits les spectacles de marionnettes, vous ne préféreriez pas un spectacle de clown (entendez le « oui » des contestataires de la voie unique du chœur enfantin), vous préfèreriez un spectacle de clown, eh ben j'suis pas clown alors le spectacle de marionnettes est annulé (entendez dans le chœur la confusion naître, imaginez l'impatience).... Bon d'accord... vous y tenez ? (entendez les réactions) à voir un spectacle de marionnettes moches (entendez les réactions) alors j'vais vous en faire un de spectacle ! (entendez les réactions de soulagement) Je vais vous faire un spectacle avec un début un milieu et une fin, tout en pif-paf, le spectacle, ça va commencer le spectacle et avant même que vous vous en soyez rendu compte, vous tapez dans vos mains et on s'dit au revoir....ça vous va comme ça ? (entendez le public outragé)... Un peu plus long alors (entendez les refus) ...Long comme il doit être et on s'arrête (voyez le soulagement du public) ben alors j'vais y aller (il va pour sortir mais revient immédiatement)
Vous me croyiez, (imaginbez le regard perdu du public) et bien vous voyez, vous avez eu tort, (entendez les quelques rires) il ne faut jamais croire ce que vous disent les hommes, parce que je ne vais pas y aller, j'irais demain, ou peut-être que je n'irais pas du tout, à moins que j'y aille tout de suite, bon j'y vais et on s'retrouve tout à l'heure (il sort et passe derrière la fenêtre du Théâtre de marionnettes Itinérant;  on entend déjà la Voix de Germain Lenain, imaginez le soulagement, la joie, le coeur est prêt à régir)

Cette ouverture improvisée, dure entre trois et sept minutes, selon que le manipulant soit fatigué, que le public soit d'humeur à jouer... Cette ouverture improvisée permet au manipulant de donner au public les clés de réaction et du Théâttre interractif dès le démarrage de la représentation...

Scène 2- Germain, le public et le manipulant


Germain : (dès que le manipulant est sorti la voix de Germain commence alors m^me que la  fenêtre est vide ) A chaque fois c'est pareil, j'y vais, j'y vais pas, j'y vais, j'y vais pas, j'y vais, j'y vais pas, et tout ça pour quoi ? Pour la m^me chhose (entrant) y aller, parce que à chaque fois c'est pareil, à la fin il y va, et moi pendant ce temps, j'attends, et quand j'attends, j'm'impatiente, et quand je m'impatiente, je deviens violent et quand j'deviens violent, il faut que je cogne, et ça aussi à chaque fois c'est pareil, il devrait le savoir, à force, il devrait me connaître, il devrait faire autrement mais ça change rien, il recommence alors moi aussi, j'recommence de plus belle, comme aujourd'hui, vous allez voir, vous voulez bien que le spectacle commence (entendez la réaction du public), vous voulez bien que je le cogne parec qu'il faut que je vous dise une chose je ne peux cogner le manipulateur qu'avec l'accord du public , vous voulmez bien que je le tape (écoutez les voix des enfants). Vous allez compter jusqu'à trois et après vous entendrez le bruit que ça fait un marionnettiste qu'on tape,  il aurait pu l'éviter, il l'a cherché, il m'a impatienté, allez comptez avec moi, UN (le public compte avec G jusque deux et le manipulant apparaît dans la fenêtre du castelet )...

Manipulant : Quoi vous comptez avec lui ? Vous savez qu'il va me taper et vous vous comptez avec lui ?.

Germain: (le coupant) Ne l'écoutez pas, on reprend et UN....(entendez le public commencer de compter)

Manipulant : (coupant Germain à son tour) Mais, mais c'est pas juste, à moi vous dites fais des marionnettes, et à lui, vous dites tapes lui dessus, mais vous êtes vraiment des hommes alors, des petits hommes mais des hommes ; on peut pas vous faire confiance... Maman m'avait dit que l'humanité était pas jolie mais là, c'est pire que tout....( il disparaît)

Germain : Maintenant ça suffit, UN, vous entendrez le bruit que ça fait, DEUX le spectacle pourra commencer et TROIS (Germain disparaît derrière le rideau et on entend des bruits de coups sur une echelle...et les voix de Geramain et Manipulant, les rires du public...)

Manipulant : aie aie, ça fait mal, arrête !!

Germain : Tu feras attention la prochaine fois ?

Manipulant : Je ferais attention la prochaine fois !

Germain : (Revenant danbs la fenêtre) Tu ne feras pas attendre la prochaine fois en faisant ton cabotin ?

Manipulant (petite voix): Je ne te ferais pas attendre la prochaine fois en faisant mon cabotin !

Germain : Ca fait du bien, vous comprenez, c'est pas que je sois méchant mais cette fois je crois qu'il a compris

Voix de M : Dans tes rêves

( G disparaît derrière on entend les bruits sourds de coups .et Germain rappelant à Manipulant les règles du spectacle en cours et la nécessité de lui laisser l'affiche...)

Germain : (revenant) Voilà, ça fait du bien par où ça passe, c'est pas que je sois violent  de nature mais ça fait du bien...Et puis,  je dois aussi vous avouer qu'avec le temps et les représentations, ma patience s'est érodée et qu'envers l'humain j'ai de moins en moins....(la voix de Gaston interrompt son débit)

 

par Fabrice Levy-Hadida- Théâtre marionnettes- manipulant - Cie Les Mille et Une Vies publié dans : Cie Les Mille et une Vies
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Jeudi 3 avril 2008
L'individu a pris le pas. A marche forcée et parfois contrainte, le collectif et tous les espoirs qu'il peut faire naître, on tente de mettre dehors ; dehors, ce qui nous réunit ; vive ce qui nous divise. Regardant autour de moi, j'ai le sentiment que les outils de construction collectifs sont systématiquement détruits par des intérêts individuels. Devons nous arrêter de signer appels et autres pétitions ou ré interroger les pratiques de "certaines têtes" de réseaux ? Le doute est un bon outil de division humaine. On crée le silence par le doute. La peur est le deuxième outil de la division. Celui qui a peur se tait plus facilement. Y sommes-nous irrémédiablement arrivés dans cette société où ne compte que notre  réussite propre ou, pouvons-nous encore changer le cours du temps ? Coureur effréné, je me dis que la question m'empêche de courir mais, lorsqu'il m'arrive de m'arrêter, ce doute et cette peur susmentionnés me saisissent.
Comment encore avancer ensemble ? Comment participer à faire avancer l'ensemble ? C'est le parcours de chacun qui construit une route immense.  "Je" n'est rien sans l'autre. ... Que disait-il ? L'autre ? L'enfer ? Je ne sais plus, je ne sais rien. A partir de nos villes et nos villages, dans nos maisons, nous devons, après nous être interrogés, commencer de nous donner, nous offrir, offrir nos avancées individuelles au regard de l'autre. Et même si, offrant, nous nous faisons charger par des hommes en bleu déterminés. Dans ces moments, nous ne devons pas oublier que derrière le bleu, se cache un homme (ce qui ne change rien...). Avez-vous donc vu ces images d'hommes, chargeant des enfants, des lycéens encore enfants, parce qu'ils occupaient (pacifiquement) l'entrée du lycée ? Serions- nous en guerre ? Entendez-vous le bruit des bottes ? Les sirènes de Police, de pompiers, d'ambulance, vous semblent-elles, comme moi, plus régulières depuis quelques mois ? Pourtant tout va bien, on nous l'assure, la réforme avance et, tout va bien...
Même si la peur et le doute sont là, que tout tend à confirmer que l'individu a pris le pas sur le collectif, n'oublions pas que, maître du jeu, l'homme peut participer à changer les choses. Face aux terrains sur lesquels nous intervenons, dans notre pratique quotidienne, il nous arrive de nous sentir isolés. Je l'ai déjà écrit ici. Alors nous avons pris la décision d'adhérer à certaines structures professionnelles. Sans présumer de l'état dans lequel nous trouverons ces structures collectives, sans savoir si nous y trouverons notre place, pour sortir de notre isolement, nous avons adhéré au SYNAVI. Je ne suis pas impatient, on verra bien si notre présence peut-être utile ( à l'autre, au syndicat, à nous) ou si comme en 2006 avec  THEMAA, ne parvenant pas à trouver notre place, nous interrogeant sur son fonctionnement, nous ne renouvellerons pas notre adhésion. Vieillissant, je suis plus tranquille dans mes impatiences ; mais le temps manque pour que j'accepte la transformation en mollusque...
par Fabrice Levy-Hadida- Théâtre marionnettes contemporain - Cie Les Mille et Une Vies publié dans : Cie Les Mille et une Vies
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Dimanche 30 mars 2008
Demain, ça recommence. Pour aujourd'hui, silence. C'est étrange mais depuis quelques jours, tenir le silence est plus difficile que laisser sortir les mots. Juste une phrase ou deux, signe comme un  autre ;  juste une ou deux phrases, chacune finie par un point. Recommencer c'est simple ? Encore une photographie d'enfant à la marionnette ? Fond noir. La photographie est floue mais on peut voir le sentiment qu'éprouve l'enfant pour la marionnette construite, sa marionnette. A chaque fois c'est pareil, à chaque atelier, nous prenons le temps, entre sculpture de bloc et habillage de plâtre, il ne faut pas moins de 12h pour que l'objet, dans sa forme définitive paraisse. Et, dans la patience, à chaque étape, ils voient leur personnage naître. A chaque fois, quand l'objet est prêt à être manipulé, ils sont fiers de leur travail... de leur patience et, à chaque fois nous sommes foiers de leur attention et de leur travail.
par Fabrice Levy-Hadida - Compagnie de marionnettes. Les Mille et Une Vies - Théâtre de Marionnettes Itinérant publié dans : Cie Les Mille et une Vies
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Vendredi 28 mars 2008

Chemin faisant, je m’interroge de plus en plus sur la place des artistes dans le monde de la culture ; monde de la culture tel qu’il a été pensé, développé et tel qu’aujourd’hui, en France, il se dessine. Autour de l’œuvre, pour la donner à voir, pour la préserver aussi, on a monté des murs ; les murs il a fallu les gérer et ce n’étaient certainement pas les artistes ( trop lunaires, pas assez pragmatiques ?) qui pouvaient prendre en charge cette mission. Les artistes, associés pas tout à fait comme les autres sont jetables et renouvelables à souhait. Année après année une carte de France des établissements culturels a vu le jour avec ceux d’en haut, La Comédie Française (rare exemple d’un lieu avec artistes permanents, les sociétaires) puis de CDN (Centre Dramatique National ) en Scènes Nationales ou Conventionnées , de Théâtres missionnées en Lieux de Fabrique, la France s’est vue dotée d’outils fonctionnels et prestigieux.
Ces lieux sont-ils les rêves réalisés des missionnaires du Théâtre Populaire. Leurs pères spirituels les aimeraient-ils ? Trouveraient-ils qu’ils ont bien grandi. Assumant une partie de la production et de la diffusion des oeuvres ne se sont-ils pas transformés en monstres ? L’épopée s’est-elle transformée en un vaudeville à gerber ? Dans les CDN à la double direction, artistique administrative, combien d’équipes artistiques implantées, irriguant la ville, les quartiers, le territoire et qui, partant à la rencontre du public, le prennent par la main pour qu’il pousse les portes du lieu, du temple. Changer le sens des chiffres ? Faire que ceux qui n’ont pas la culture facile, en profitent et grandissent avec elle, grâce à elle. Trop peu à mon goût… Je ne répondrais pas ici à toutes les questions qui m’habitent ? La confusion grandit toujours plus en avançant.
Mais une question me taraude depuis la création de la Cie les Mille et une Vies et de notre choix de permanence (CDI) ; question à laquelle je n’arrive pas à trouver réponse ; cherchant dans les statistiques, les chiffres ne me disent pas quelle est la part de la permanence pour l’artistique. D’après ce que j’en vois on a accepté l’art, comme une économie de prototypes et de recherches permanentes dans laquelle le geste artistique est précarisé. La permanence est au cœur du geste artistique et bizarrement, pour le spectacle vivant en particulier, les structures d’emploi des artistes sont particulièrement précaires ; offre CDD d’usage indéfiniment. Les trois conventions collectives du secteur, celle des Entreprises artistiques et culturelles, celle des Théâtres Privés et enfin celle des Entrepreneurs de Spectacles et de tournées tombent d’accord la dessus, l’artiste on l’emploie quand on en a besoin et puis après, et bien on le jette… et on en prend un autre.

Peut-être que l’artiste devrait changer les choses. Avec Les Mille et une Vies, c'est ce que nous tentons de faire.  Au plus près, sans garantie sur le long terme, nous avons essayé de construire autrement et jusque là, tout survit.. Oui face aux réalités qui pèsent et empêchent, nous avons le devoir de transformer. Construire de nouveaux cadres ne se fait pas sans prise de risque. Mais, entre la construction de ma permanence artistique et ma survie artistique dans un cadre de type «On call Workers»  (Travailleur qu’on siffle), je préfère essayer et, advienne que pourra…. Les artistes doivent réfléchir, se positionner et changer les choses ; l'art et l'oeuvre sont au coeur des lieux de production et de diffusion et, eux, artistes, s'en trouvent la plupart du temps rejetés à la périphérie. N'est-il pas temps de prendre d'assaut conventions collectives et autres lieux et de les tordre à des réalités plus proches. L'intermittence n'est pas une fatalité ni le seul choix ; l'intermittence est en train de devenir une case trop petite pour la réalité de nos métiers. Des troupes permanentes doivent être réinventées et par leur présence changer la réalité des politiques culturelles et artistiques. Je vous le concède, pour nous, petite compagnie cherchant à se développer, à développer notre équipe, choisissant la permanence polyvalente rien n'est simple, et lorsque nous voyons nos ressources baisser, (moins de ventes de spectacles, moins d'actions de sensibilisation, moins de financement public) c'est notre existence même qui est mise en danger mais au moins, dans notre permanence pouvons nous nous battre et essayer de faire changer les choses. Nous savons les risques que nous prenons, et si nous mourons demain, nous aurons accompli toutes nos tâches polyvalentes dans le respect de nous même, de l'autre et des lois.

par Fabrice Levy-Hadida -salarié permanent - Cie Les Mille et Une Vies publié dans : Point de vue
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Jeudi 27 mars 2008
Alexia, Alexandra et Chloé, les photos faites mercredi 26 mars à Avesnes sont visibles dans l'album photo "enfants et marionnettes"... Enfants de Maulde, rassurez-vous, le temps nous a manqué ce mercredi mais la semaine prochaine on s'refait une petite séance photo avec vos marionnettes, promis !! En attendant vous pouvez toujours laisser vos commentaires et donner votre avis sur les marionnettes construites à Avesnes-le-Sec...
J'espère que Florian et Alison à Maulde, Sandrine et Thomas à Avesnes, seront de retour mercredi prochain pour la dernière séance avant les vacances !..
Je compte sur vous !
Dorothée...
par Dorothée Saint-Maxent - théâtre d'objet et sensibilisation - Cie Les Mille et Une Vies publié dans : Cie Les Mille et une Vies
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Mercredi 26 mars 2008
Voilà, il faut que je le fasse. A quoi servirait ce site si je ne savais pas faire ça. Ce n'est pas de la publicité, c'est de l'amour. Ce n'est pas un produit, c'est une revue, une revue de qualité.
Dans notre époque il y a encore des gens qui tiennent le flambeau haut pour que, la nuit venue, on ait encore quelques lumières, quelques repères. Ceux de Cassandre , Nicolas, Valérie, tous, sont de ceux la. Des hommes et des femmes qui croient. Des hommes et des femmes qui portent la parole de certains des invisibles ; invisibles qui au quotidien et sur les territoires de l'au plus près, creusent, cherchent, offrent, alimentent, donnent. Une revue comme Cassandre est importante pour moi, pour vous. Mon abonnement fini, je le renouvelle, c'est une habitude maintenant. Et vous, la connaissez-vous ? Lisez la,  Abonnez-vous, Ceux de Cassandre pourront ainsi continuer d'éclairer la nuit des Ours...le site de Cassandre . Et puis il y a le blog de  Valérie allez y faire tour...c'est par ici
Il n'y a rien à ajouter. Cassandre est nécessaire, Cassandre est belle et même si la parole de Cassandre effraie, il nous faut l'écouter, l'entendre,
la relayer...
retour à l'accueil
Marionnettes en prison
par Cie Les Mille et Une Vies publié dans : Point de vue
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Mercredi 26 mars 2008
Publié le 20 janvier 2007, le texte qui suit me semble encore d'actualité et puis, surtout, j'aime bien sa tonalité... Pour ceux qui ne l'auraient pas lu, je réédite ; une scène nouvelle, c'est ainsi que je l'avais nommé...excusez mes approximations orthographiques et grammaticales mais ce texte brouillon est peut-être le brouillon de ma recherche actuelle autour d'une autre façon de structurer. Structurer pour tenir ; j'en reparlerais plus tard, pour l'heure, je vous laisse avec les mots de janvier 2007.

Ils voudraient que nous nous pliions à leurs règles alors que nous n'intervenons pas dans leur monde. Ils voudraient que nous pleurions avec eux leurs débâcles et que nous donnions nos voix à leurs combats dépassés. Ils voudraient que nous nous contentions des cercles établis. Ils voudraient que nous pensions comme eux. Ils voudraient que leurs mots soient les nôtres. Ils voudraient que leurs gestes soient les nôtres. Ils voudraient que nous nous taisions sous peine d'exclusion durable de leurs cercles. Ils voudraient que nous aimions le public d'abonnés et l'élite.
Ils voudraient que nous reconnaissions l'excellence de leur art, la justesse  de leurs critiques, l'évidence de leurs choix.  Ils voudraient que nous rejoignions leurs réseaux. Ils voudraient que nous courtisions le prince, les princes. Ils voudraient que nous remettions en question les choix que nous avons fait. Ils voudraient que nous soyons déférents. Ils voudraient que nous nous battions pour être de "leurs amis". Ils voudraient que nous acceptions de nous aligner dans la course à la scène du temple. Ils voudraient que nous nous cassions la gueule.

Ils font des lois qui ne prennent pas en compte notre réalité, la réalité du monde. Ils font des choix budgétaires qui favorisent leurs amis. Ils détruisent ce que les précédents ont commencé de construire. Ils s'amusent en regardant "les artistes" engagés dans la course à la concurrence. Ils disent ce qui est beau. Ils disent ce qui ne l'est pas. Ils disent le bien qu'ils pensent de tel. Ils disent le mal qu'ils pensent de tel autre.  Ils se foutent du "fond". Ils se foutent aussi de "la forme". Ils pensent que le théâtre sans public n'est pas un drame, le théâtre aura disparu bientôt. Ils laissent les cercles s'enfoncer attendant de pouvoir couper tout ce qui restera, plus grand chose, les quelques têtes dépassant encore quand les corps enterrés ne se laissent plus voir. ils commettent des experts qui répètent leurs mots. Ils s'appuient sur des éléments des cercles pour détruire les cercles. L'art de la guerre, ils maîtrisent. Le théâtre va mal ? Les musées vont mal ? L'art contemporain va mal ? Le service public de la culture va mal ? C'est très bien, il n'en a plus pour longtemps.
Lorsque nous parlons à "ceux de la culture" de notre expérience, de notre travail, du public que nous touchons, je vois souvent dans leurs regards qu'ils ne nous comprennent pas. Je vois dans leur regard que le choix de nous déplacer vers le public (coûte que coûte) , choix que nous avons mis au coeur de notre structure, de notre création, de nos actions, ils ne le comprennent pas. Quand nous leur disons qu'en 2006, nous avons refusé de participer à des Off de festivals (certes prestigieux mais n'achetant pas nos spectacles), ils nous ont pris pour des fous. 
Et voilà que pendant que d'autres allaient se montrer dans des petites salles, dans des festivals (seulement rétribués par les recettes de billetterie), nous vendions nos spectacles, nous mettions en place des actions, des représentations sur des territoires éloignés des réseaux culturels face à des publics neufs et émerveillés.
Pendant que beaucoup des acteurs, avec le fruit de leurs recettes peinaient à se payer un verre après la représentation, nous nous salarions et nous développions notre projet hors des cadres habituels. Education populaire, démocratie culturelle qui, encore aujourd'hui  se bat pour ces nobles notions. De moins en moins nombreux les artistes, les équipes ayant le courage de mettre leur coeur dans ces combats ; il reste des poches de résistance ici et là.
Pourtant l'art participe à faire grandir, à mieux vivre avec soi, avec l'autre. Et dans notre époque, plus que jamais, cela semble important. Un peu comme l'air, l'art est indispensable, pas aussi vital mais tout autant indispensable.
Tant que ceux qui finançait l'art le comprenait, il continuait d'exister. Mais le temps est arrivé ou ceux qui financent l'art, ne fréquentent plus les lieux dans lesquels il l'ont enfermé. Alors, il est facile pour eux, de rayer de la carte ces lieux inutiles et ceux qui en vivent.
Et quand les réseaux de diffusion de l'art ne s'adressent plus qu'a une minorité d'habitants, d'élus, il est en danger.
Pour inverser la tendance, il est urgent de ré interroger nos métiers et les cadres dans lesquels nous les pratiquons. Ce n'est pas les ingénieurs et autres administrateurs culturels qui pourront le faire ; ce sont les artistes qui doivent être au coeur des ces interrogations, de ces transformations. Ils ne doivent pas uniquement être occupés à courir la course à la survie, à la préservations d'acquis fragiles, de financements étriqués. Artistes il faut réinventer les pratiques, s'interroger sur les destinataires de notre faire et les cadres dans lequel le temps nous a enfermé. Et quand nous aurons commencé de comprendre les réalités violentes actuelles, nous pourrons aussi commencer de désobéir et travailler à construire une société dans laquelle nous sommes à notre place.

La recherche de la scène reconnue, le piédestal , ne doivent plus occuper la majorité de  notre énergie. Dans notre époque ou les musées ou les scènes pour tous n'existent pas (plus?), il faut les recréer parce qu'il y a urgence avant notre disparition.
par Fabrice Levy-hadida - marionnette - Cie Les Mille et Une Vies publié dans : Point de vue
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Mardi 25 mars 2008
En regardant le passé, il arrive que le présent se clarifie. Dans ce lieu, journal, blog ou bloc, il m'arrive de me perdre et d'autres fois de m'y retrouver. ET vous ? Qui êtes vous, vous qui lisez ? Que cherchez vous ici ? Les rares réponses qui me parviennent sont des chiffres, si les chiffres ont un sens ;  Marionnettes en Prison, depuis son ouverture en juillet 2007 c'est 62 000 visiteurs uniques. 62 000 personnes qui sont passés par ces pages. Depuis quelques mois, avec une moyenne 5000 lecteurs par mois, le blog est lu. Je dois avouer que quand nous l'avons mis en service, nous pensions à un outil intime ; mais la réalité se charge de transformer les pensées. Lecteurs donc, parfois robots, souvent des hommes, d'après des outils statistiques si certains passent rapidement, d'autres prennent le temps. Au sein des passants, ici et là j'en (re)connais certains ; d'autres se font connaître en m'en parlant, d'autres encore, les plus nombreux (vous peut-être) entretiennent avec cet espace une relation plus ou moins régulière qui leur est personnelle. De Romainville à Lille, il y en a même qui face à leur écran à Mexico  ou Hong Kong ont lu certains de ces mot. Je me répète peut-être mais, mes outils statistiques s'ils me disent votre venue, ne me disent rien d'autre de vous que votre "géo-localisation" et petites données technologique (navigateur, FAI, durée de visite et nombre de pages parcourues).... Société de l'espionnage, je n'en veux pas, je n'en veux pas plus, je la déteste.
Mais, avouez le, dans ce lieu, pour la majorité, vous n'êtes pas des lecteurs très bavards, vous lisez, plus de 200 000 pages consultées et disparaissez dans l'obscurité. Certaines fois dans la nuit, quelqu'un s'égare et laisse un commentaire (31 commentaires depuis l'ouverture), envoie un mail (38 mail envoyés), passe un coupe de téléphone (et oui c'est déjà arrivé, 6 ou 7 fois je crois). Mais
somme toute, cela est assez rare que vous vous présentiez. Attention, je ne m'en plains pas, je ne me plains pas. Parce que si ce lieu devenait un lieu de discussion, peut-être ne