la page se noircit, telle la vague, les mots...

Publié le par Fabrice Levy-Hadida

Pour commencer la course, d'abord un pas, puis un autre, lentement le rythme s'installe, ça y est, le temps de la course est trouvé, avec son souffle, son deuxième souffle.  Pour l'écriture, le texte apparaît, il me semble, de la même manière : un mot, puis un autre, le texte émerge, la page se noircit, les mots sont là, le sens aussi.
viande.jpgDepuis dimanche, tous les soirs un hélicoptère équipé (est-ce le même à chaque fois entendu) de projecteurs puissant  survole la ville, accompagné de sirènes de voitures de Police. Ce n'est donc pas mon oreille qui fait une sélection auditive c'est cette nouvelle réalité tendue qui a démarrée. La victoire de la démocratie proclament certains journalistes, la France de l'après écrivent certains chroniqueurs indépendants, le mot de résistance est lâché dans des micro trottoirs, les manifestations virent mal, tir de lacrymogènes et flash ball, une France veut en découdre contre une autre, on frappe des hommes à terre, les images télévisées le montre, cela ne semble pas choquer les présentateurs, si peu, le monde relate des provocations policières, cela se dit, cela s'oublie... Je  sens mon ventre serré, l'appètit manque... Je devrais ici parler de la création et me voilà, mot après mot embarqué dans une toute autre voie et si je veux stopper là la digression, la pensée m'y ramène sans cesse, la réalité a changé, elle avait commencé à changer nous n'avons pas pu renverser la tendance, la peur a pris le pas, le rejet aussi, finie la main tendue, ça va espionner dur et juger à tour de bras, les caméras, les uniformes vont se reproduire, on va construire des places de prison, on va exclure... Face à mes constructions intérieures, depuis dimanche, je suis sans force, mon esprit telle la vague, sans cesse me ramène à cette eléction, cette nouvelle présidence...
Les personnages, que j'ai réussi à construire, sont effrayant, je n'ai pas pris le temps de les photographier mais je le ferais... Le temps passe vite, les mots défilent, on avance sur la création et je mettrais bientôt en ligne le texte de La chambre (de Zette), sans corrections ni retouche, quand je saurais comment faire pour l'héberger et mettre un lien de lecture. Dans une semaine on aura les premières rencontres avec le public autour de cette création. D'ici là, il faut que je me reprenne, malgré le vote de dimanche, il me faut continuer et travailler sur la confiance, continuer à faire confiance à l'homme, mettre la vie de l'homme au dessus de tout et...
Telle, la vague, je vous le disais plus haut, j'y reviens alors que j'essayais de m'extraire, alors je fais un nouveau barrage, j'interromps ici les mots en me disant : peut-être une autre fois, peut-être un autre jour...
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malicelasouris 10/05/2007 12:00

Salut, je suis très contente de découvrir ton blog, le monde des arts et du spectacle me fascine!

Cie Les Mille et Une Vies 11/05/2007 19:58

et bien bonne visite à toi... et à bientôt...