petites nouvelle du quartier ghetto de Lille-Sud Arbrisseau

Publié le par Fabrice Levy-Hadida

douaipublic6.jpgJe vais reprendre. Je vais reprendre le fil. Je ne laisse pas tomber. Les maux seront soignés, les plaies seront pansées, la faim sera satisfaite, il faut que ça se construise...
Je vais reprendre le fil et dans une couleur nouvelle, je vais reconstruire ma durée. Mot après mot, pas après pas, le chemin se fera.
Deux jours que nous restons à Lille;  deux jours que Marles-les-Mines, pour des impératifs administratifs, a été déserté. Demain nous y serons à nouveau. Demain je retrouverai les formes en construction et le temps qui se sera écoulé me permettra de regarder mieux, un peu éloigné, ces visages et corps en attente.
Dimanche je me disais que mon fils, ne serait pas, alors, lâche je fuierais. Oui, je pensais cela, mon fils ne serait pas, lâche je m'éloignerais de cette France qui ressemble à l'Allemagne des années 30. Mais dimanche, j'étais aussi plein d'une autre réalité : mon fils est.
Je ne peux pas partir... alors je vais continuer de tracer la route, le chemin. Je vais continuer de transformer la matière en marionnettes, le divertissement en fond, je vais continuer de participer avec mes moyens à la construction d'une culture commune.
Mon fils, pendant les vacances nous a accompagné, tous les jours, à Marles-les-Mines, et, du haut de ses huit ans il redécouvrait mon métier et se passionait pour Zette. Pour lui, et pour d'autres comme lui je vais me battre sans armes...
Je voulais l'écrire ici, je suis dans le bureau sis dans le quartier-ghetto de Lille-sud arbrisseau, le matin est calme attendant que le soir tombe pour que des affrontements reprennent et je me dis que je ne vais pas baisser les bras...

Publié dans Point de vue

Commenter cet article