le service minimum sur certaines tâches en attendant mieux

Publié le par Fabrice Levy-Hadida

INSEKT4.jpgAgendas et autres papiers encombrent l'espace de travail, l'ordinateur trône éteint, batterie à plat, la tête et les mains sont perdues. Le temps de la sortie du spectacle se rapproche. Tous les jours un peu plus. L'estomac est noué. Avant les représentations, plutôt qu'être enfermés en salle de construction-répétition, nous avons choisi de rencontrer régulièrement le public. Lectures, répétitions publiques, avant-premières autant de temps qui nous permettant de valider nos choix, réduisent aussi notre concentration. Je le sais, ce choix d'ouverture est juste mais nous demande un plus grand investissement. Nos vies ne le permettent pas toujours. Je ne peux, pendant le temps de la création, mettre mon fils sur la position "off"....
L'estomac noué, nous avançons. En ce moment de création, nos choix initiaux en terme d'emplois, permanents et polyvalents nous obligent d'assurer le "service minimum administratif" et "service minimum développement" alors que dans la période que nous vivons nous devrions en faire plus en terme développement, mais nous n'avons pas encore les moyens d'employer durablement de nouvelles personnes, alors, nous concentrons nos moyens sur la création. Par ailleurs pour étayer notre équipe, il nous faut d'abord rencontrer les bonnes personnes et ensuite seulement nous pourrons assurer un développement contrôlé. Enfin, rencontrer les personnes qui voudront comme nous croire en la  notion de "permanence artistique" n'est pas une tâche aisée. Cette permanence a un coût que beaucoup de ceux que nous avons rencontrés ne sont pas près de payer. Certes, l'intermittence nous permettrait d'avoir un niveau de vie supérieur mais, je ne me sentirais pas des plus justes en utilisant les fonds dédié à la solidarité professionnelle pour assumer des tâches que nous nous devons de rémunérer si nous voulons être irréprochables.
Pour l'heure donc, avec notre équipe réduite, nous devons assumer l'ensemble des tâches qui composent notre métier et le temps nous manque, souvent, presque toujours.
UT-Ombre-Zette.jpgDepuis début 2007, nous avons du refuser des achats de spectacles, des propositions d'actions culturelles, les dates étaient prises ; mais aussi, depuis début 2007, notre visibilité augmentant, des propositions nous parviennent qui ne devraient pas nous parvenir. Des propositions que d'autres saisiront peut-être mais que nous, nous laisserons ; oui, des propositions nous parviennent qui ne prennent pas en compte notre professionnalisme, et qui voulant acheter au rabais, toujours au rabais, qui considèrent la marionnette comme un espace amusant, interéssant mais toujours amateur ; des propositions qui, si nous les acceptions nous mettraient en danger ; des propositions qui nous mettent en danger
quand d'autres les acceptent. En tant que compagnie professionnelle, nous sommes obligés de respecter les cadres conventionnels qui régissent nos métiers. En tant que compagnie professionnelle nous sommes fiers de pouvoir assumer ces cadres et parfois plus...
Malheureusement pour nous, compagnie professionnelle dont la spécificité artistique est le Théâtre de Marionnettes Contemporain je ne trouve pas de structure syndicale qui puisse défendre nos spécificités et intérêts. Oui, il faudrait une structure collective et non corporatiste qui pourrait bénéficier de nos apports tout en nous faisant bénéficier des apports de la collectivité, de l'autre. A notre époque, il me semble urgent de rassembler nos différences dans des outils capables de les défendre. Un outil collectif, capable de nous faire évoluer, de faire avancer nos pratiques oui, un outil qui défende et fasse avancer les équipes artistiques professionnelles et les hommes qui les composent... L'association THEMAA de laquelle nous nous sommes rapprochés en 2005 pour finalement nous en éloigner un an plus tard est un véritable "fourre-tout". Derrière le mot compagnie, tout est mis, tous les comportements, tous les types de fonctionnement, du plus ancien au plus neuf, du plus professionnel au plus amateur et pour faire nombre et masse. Cette masse pourrait faire sens si des collèges voyaient le jour, si les différences étaient encadrées mais au contraire, il me semble que THEMAA ne fait pas ce choix ; aucun collège n'est dessiné qui pourrait réunir les pratiques autour d'un noyau commun. Oui, l'association THEMAA ne représente pas notre réalité, je le regrette et quand je reçois leurs informations et les lignes qu'elle défend, chaque fois je m'en convainc un peu plus.

Oui, l'estomac noué, la création se rapproche, les mots sont confus, chaque jour passé ne se répétera pas... Je regrette dans ces moments là de ne pas pouvoir trouver dans le paysage du spectacle vivant des endroits de partage qui nous permettraient, bénéficiant du passé de l'autre acteur, de nous concentrer sur ce qui est le coeur de nos professions, l'art et le public.
Mais peut-être ces espaces collectifs existent-ils et n'en suis-je pas conscient ? Il s'agira pour moi, quand je "reprendrai le dessus sur le temps", de me rapprocher de structures syndicales, telles le Synavi et autres Syndeac et d'essayer de voir, comment, avec nos choix, nos spécificités, nos réalités nous pouvons intégrer ces espaces collectifs.
Les photos qui accompagnent ce papier, personnages de La chambre (de Zette) en construction
en haut l'INSEKT
en bas l'Ombre d'UT
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