Extrait, une histoire racontée à Zette (pour la forme de salle) dans la chambre au reflet...

Publié le par Fabrice Levy-Hadida

Zette () : Alors, alors, racontez moi mon histoire qu’enfin je puisse continuer ma route… retrouver ma chambre…

Zettepticorp.jpgLe Reflet de Zette ( pendant le temps de l’histoire le miroir va devenir un petit cinéma, théâtre d’ombre (ou de Play-mobil ; ainsi scène après scène, les tableaux vont dresser l’histoire pendant que la voix du reflet la raconte. Ici le reflet est entre disparition et apparition, revenant pour vérifier la compréhension de son auditrice. Les images, présentent la communauté des gens, petit village aux maisons de bois construite en cercle au centre duquel trône la place. Pendant que les mots le diront, on verra les façades allumées, on entendra les rires et les chants, les silences oppressant, le cinéma pourra s’attarder sur un détail aussi, une larme coulant sur un visage, nous montrer la discussion entre deux personnages. Ces images, fluides seront amenées par le reflet et si ici elles correspondent exactement au temps des mots, il se pourra aussi qu’elles les précédent ou les suivent d’autres fois encore. Dans le spectacle, la scène du miroir sera traitée comme la mise en vie d’un théâtre dans le théâtre):  C’est bien….il faut être patient, à l’heure ou tout arrive, ce n’est pas nous qui décidons. Si les hommes mesurent le temps, ils n’en maîtrisent pas le cours. Tu as de la chance Zette, alors que l’aiguille des secondes s’est figée, tu peux regarder le étoiles, quand les autres ne le peuvent. Ecoute, l’histoire que je te conte, et souviens toi, rien, n’arrive ici, par hasard…..
Il était une fois, dans une époque pas si lointaine, une communauté de gens qui vivait dans des petites maisons. Les maisons étaient construites par les fils aidés de leurs pères. A cette époque les maisons des fils devenant père étaient construites à côté des maison de leurs pères. A cette époque, quand les fils devenaient père, ils n’avaient pas honte de leurs pères, ni du père de leur père, ni quand il vivait encore, et cela n’était pas rare, du père de leur grand-père. A cette époque, les maison étaient en bois. Pour construire une grande maison, il fallait dix arbres, mais, les gens de la communauté, quand ils n’avaient pas besoin de grande maison ne construisaient pas de grande maison. Presque toutes les maisons de la communauté avaient été construites avec quatre arbre. Il y avait bien  ARIOUL qui vivait seul et avait réussi l’exploit de construire sa maison avec un arbre unique. La légende avait fait le tour des communautés de gens. Plusieurs s’essayèrent à l’exercice de faire bien avec moins mais aucun n’y parvint. Les gens de la communauté n’utilisaient que les arbres nécessaires et leurs lois voulaient que pour un arbre coupé, ils en replantent cinq. A cette époque, il y avait  des rires et des chants derrières les murs des maisons. A cette époque les enfants, quand ils étaient enfants, jouaient, et tout le monde pensait que cela était bien ainsi, et que cela durerait jusque la fin des jours. A cette époque, l’enfant restait enfant jusqu’à ce qu’il ne le soit plus. Quand il rejoignait la communauté des gens, il participait et contribuait à la hauteur de ses moyens pour que derrière les murs des maisons, on continue d’entendre, les rires et les chants, parce que tous pensaient que cela était bien ainsi. A cette époque, dans cette communauté, il n’y avait pas de richesse, comme tu pourrais le comprendre, il n’y avait pas de pauvreté, comme tu pourrais l’imaginer, il n’y avait pas de peur, comme il t’arrive de la ressentir. A cette époque quand l’enfant rejoignait la communauté des adultes c’est qu’il se pensait prêt, qu’il désirait travailler. Alors il travaillait avec plaisir. Et quand il était fatigué, à cet époque, tout le monde comprenait qu’il arrête de travailler. Mais à cette époque, il était aussi possible, pour celui qui ne voulait pas sortir de l’enfance, d’y rester toute sa vie. La communauté reposait sur chacun de ses membres, tous les gens avaient leur place, et cela était bien, et tous voulaient que cela dure, et tous pensaient que cela serait ainsi jusque la fin des jours. A cette époque, celui qui avait faim mangeait et, quand il avait fini de manger, il n’avait plus faim. Tout le monde pensait que cela était bien ainsi, et que cela durerait jusque la fin des jours.  A cette époque quand les gens arrêtaient de travailler, parce qu’ils étaient fatigués, ou n’en avaient plus envie, personne ne leur reprochait. C’était ainsi à cette époque. Quand les gens ne travaillaient plus ils restaient avec les enfants de leurs enfants. Dans cette communauté de gens, qui n’était pas différente des autres communautés de l’époque, les enfants et les grands-parents étaient ensembles. Mais un jour, un fils, quand il
fleurs1672.jpgdevint père eut honte de son père.  Alors, il décida de lui construire une maison. Mais, contrairement aux usages de la communauté, une maison éloignée de la sienne. Il alla voir le bûcheron pour qu’il lui coupe trois grands arbres. Le bûcheron qui connaissait le fils, lui demanda ce qu’il en voulait faire. Le fils n’avoua pas au bûcheron qu’il voulait éloigner son père. Il ne répondit pas aux questions se cachant derrière un mensonge, il se sépara du bûcheron. Le fils s’appelait ELART. C’était le fils d’ ALTAGI qui était bien connu de tous. ALTAGI quand il travaillait encore s’occupait, avec d’autres qui aimaient cela, des champs. A cette époque, les gens de la communauté ne se mentaient pas, ils étaient fiers de leurs actes. Mais quand ELART laissa le bûcheron celui-ci en parla à sa femme NEVA. NEVA qui comprenait beaucoup des gens, elle était conseilleuse, dit à son mari qu’il ne devait pas couper les arbres. tant qu’ ELART ne lui dirait pas à quoi il destinait les arbres. Le lendemain, quand ELART vint pour récupérer les arbres, le bûcheron dit qu’il n’avait pas eu le temps, que la forêt ne le lui avait pas permis, que la tempête l’avait empêché de travailler. Après le mensonge de fils, le mensonge du bûcheron, c’est à ce moment là que la communauté des gens commença de changer. Tous les jours ELART demandait les arbres et tous les jours le bûcheron mentait. Et tous les jours quand le bûcheron demandait à quoi serviraient les arbres coupés tous les jours ELART mentait. A cette époque, aucun de ceux qui la composait ne pouvait imaginer ce qui était en train d’arriver, un fils avait honte de son père et c’est ainsi que la communauté des gens se transforma. Au bout d’une semaine, vingt huit mensonges étaient commis. Dix jours plus tard, cela en était trois cent quarante quatre. A cette époque chacun faisait ce pour quoi il se sentait fait.  Dix jours plus tard le bûcheron n’avait toujours pas coupé les arbres qu’ ELART lui demandait. Alors un soir ELART décida, de prendre l’outil du bûcheron sans le lui demander et d’aller tout seul couper les arbres dont il avait besoin. Et cela fut ainsi . Ce fut le premier vol de la communauté de gens. Après qu’il eut coupé les arbres, ELART ne se sentit pas tenu par l’usage de planter les cinq arbres, c’est pour cela qu’ ELART n’était pas bûcheron. Quand le matin, le bûcheron arriva dans la forêt, il retrouva, sa hache sali et il vit que des arbres avait été coupé. Il vit aussi qu’aucun arbre n’avait été planté. Alors le bûcheron, qui était un homme fort,  se mit à pleurer. Toute la journée plutôt que de travailler le bûcheron pleura. Le soir quand il retrouva sa femme il lui raconta ce qui était arrivé. NEVA su que quelque chose était en train de se produire. Elle voyait le visage défait de son bûcheron de mari,  ce soir là, à travers les murs de la maison du bûcheron on entendit ni rire, ni chant.  La nuit alors que beaucoup de gens dormait, dans leurs lits, les mauvaises pensées agitaient le couple, quand ils s’endormirent, les pleurs agitaient leur sommeil. De son côté aussi ELART pleurait. Dans son lit, il se demandait ce qui avait changé. Et tous les mensonges lui faisaient mal. Lorsqu’il s’endormit, le jour se levait. La nuit, pour ELART, ne fut pas longue et quand son enfant, comme chaque jour vint le réveiller, il n’arriva pas à rire de ses grimaces. C’est ce jour là, que pour la première fois on entendit un adulte crier contre un enfant dans la communauté des gens. NEVA, qui avait très mal dormi aussi, lorsqu’elle entendit les cris sortit sur le pas de sa porte. Là beaucoup de gens écoutaient avec un regard effrayé. ELART, lorsqu’il sortit vit que tous les habitants de la communauté le regardaient. Alors, pour la première fois de la communauté, il ne les salua pas, il rentra sa tête dans ses épaules et continua son chemin sans les regarder, sans s’arrêter, sans même échanger un bonjour… Tous entrèrent dans leur maison sans comprendre cela. ELART s’éloigna de la communauté et quand il fut suffisamment loin, il s’arrêta et regarda derrière lui, vérifiant que personne ne le suivait. Lorsqu’il fut sûr d’être seul, il s’enfonça dans la forêt et tout au long de son chemin, il se retourna, vérifiant que personne ne le suivait. La honte l’avait transformé. La peur et la haine commençaient de l’habiter aussi. Dans la communauté, tous s’interrogeaient , pour la première fois des gens en retrouvèrent d’autres pour parler de ceux qui n’étaient pas là. La communauté changeait. Le mensonge était là.  La peur aussi. Dans la forêt, loin de la communauté, ELART construisait, avec les arbres qu’il avait coupés, une maison qui lui permettrait d’éloigner son père. Le soir, dans les lits, presque tous les habitants de la communauté de gens ne réussirent à trouver le sommeil. Seuls ceux qui n’étaient pas nés ne se souciaient de ce qui était en train d’advenir, c’est dire combien tous étaient inquiets. Et cela fut ainsi, jour après jour, nuit après nuit, les maisons devenaient silencieuses, les rires et les chants ne résonnaient plus derrière les murs, tous les habitants de la communauté des gens perdaient appétit. On ne mangeait plus, on ne riait plus, les enfants commençaient d’avoir peur, cela ne s’était jamais vu et cela était ainsi. Dix jours et dix nuit passèrent. Sous les yeux étaient apparues des cernes. Dix jours passèrent, dans les esprits les mauvaises pensées s’insinuaient. Dix jours passèrent, dans les maisons les générations se chamaillaient. Les cris qu’on avait entendu pour la première fois dans la maison d’ ELART s’étaient étendu….Les couples aussi. Les enfants n’écoutaient plus ce que leur disaient leurs parents. Les parents s’exaspéraient des gestes des enfants. Les gens se mentaient les uns aux autres.  Cela aurait continué ainsi si tous l’avaient accepté. Mais tous ne l’acceptaient pas. Jour après jour, ELART, sans mot dire, s’enfonçait dans la forêt. Jour après jour, les gens se réunissaient. Jour après jour la réponse de la communauté se construisait. C’est ainsi qu’au onzième jour, alors qu'ELART se dirigeait vers la forêt NEVA, la femme du bûcheron l’arrêta et lui parla. A travers les fenêtres des maisons tous les habitants observaient la scène. Il n’y avait pas un bruit, pas un souffle de vent, le temps arrêté attendait. Les gens regardaient NEVA. ELART écoutait NEVA. NEVA lui parla longtemps. Doucement, elle lui fit entendre les mots qui avaient mûri. Doucement elle lui fit comprendre. Ceux qui les regardaient n’entendaient pas les mots de NEVA, mais ils voyaient que ELART baissait la tête, il ne répondait pas, il semblait perdre un peu de la violence qui depuis quelques temps l’habitait. Au bout de quatre heures, tous virent ELART se mettre à pleurer. Alors tous ceux de invitation.jpgla communauté l’ont entouré et réconforté. Alors ELART a raconté ce qui l’avait agité. Alors ELART a raconté la honte du père. Alors ELART a raconté les outils volés, les arbres coupés, la maison éloigné. Personne ne le jugeait. Tous savait que cela était fini. Toute la communauté s’est rendu à l’endroit où ELART, dans la forêt éloigné, construisait la maison. Se prêtant les outils, clouant, sciant, ils se sont mis à l’œuvre, les enfants aidaient amenant à ceux qui avait soif l’eau de la source et, avant que la nuit soit tombée, ils pouvaient regarder la maison. Les gens de la communauté la regardaient ; ils savaient que cette maison, leur servirait de mémoire. Silencieuse et vide elle leur rappellerait, à chaque fois qu’une mauvaise pensée les animerait, que la communauté était fragile.  Ensuite, autour de la maison, ils plantèrent vingt arbres, pour remplacer les arbres qu’ ELART avait coupés. Après seulement, ils sont rentrés. Le soir tous ont mangé ensemble et sous la table, pendant le repas, la main d’ ELART était dans la main de son père. Le fils n’avait plus honte. Et tous ceux de la communauté pensaient que cela était bien. Le soir, on entendit des rires et des chants . Dans les maisons la tranquillité retrouvée avait fait comprendre à chacun combien  la paix de la communauté était fragile. Pour ne pas oublier, cette histoire fut ensuite racontée. Les pères la racontaient aux fils qui lorsqu’ils devenaient pères la racontaient à leur tour. Et tous savaient que la paix était fragile.  (le rideau du miroir à histoire se ferme, la communauté de gens disparaît, le reflet revient et reprend) Voilà Zette l’histoire de la communauté de gens, une histoire imaginaire, qu’ il te faudra, lorsqu’il sera temps, raconter à ton tour..

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jeandaix 05/06/2007 23:27

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