je suis au bureau...

Publié le par Fabrice Levy-Hadida

lamortjardin2.jpgMots entendus au hasard de la marche, pensée, oreille qui contribue à orienter le chemin de la pensée, je lève les yeux, je ne sais plus où je suis, où je vais, ce qui motive la marche. Arrêt. Il faut se re concentrer. un temps, la marche reprend, les pas s'enchaînent, il ne s'agit pas de danse, au fil de la marche le but se précise. Faisant un détour, je repousse le moment de l'arrivée pour continuer la divagation intérieure. Puis arrive ce temps dans lequel il n'est plus possible d'éloigner le but ; j'y suis, comment le dire autrement ? 
Ce n'est pas une pause. Face à la feuille, l'esprit ne procède pas différemment. Si le corps pesant, dans la marche se perd, en est-il de même pour l'esprit ? Souvent, profitant de la marche, je feuillète mes souvenirs et il n'est pas rare, qu'ainsi marchant avec le passé, j'organise les mots qui m'habitent.
En ce moment le temps que j'accorde à la marche est réduit ; c'est peut-être pour cela qu'il me devient plus difficile de tenir cette chronique. Mais en même temps, il ne peut s'agir que de cela. En ce moment, l'esprit ne cesse de courir et d'information en indignation, le temps manque pour organiser la parole. 
Je me saisis de l'album et après avoir fait défiler les pages, je m'arrête sur celle de...
celle la ne convenant pas, je ne la nomme pas et je me remets à tourner les pages ; sur rien mon esprit se fige, j'arrête !
Je recommence.
J'ouvre une page au hasard dans l'album, un visage me regarde, un visage sans nom, je tente de lire la légende mais je ne comprends ce qui est écrit. Si c'est mon écriture, ce n'était pas moi...  je reviens au visage, je tente de comprendre le regard, la moue au coin des lèvre,  mon esprit se débat,
je tourne la page.
Un autre visage, je me plonge dans les yeux. Figés, ils me fixent, ne bougent pas, sont-ils horrifiés ? Si les mots ne m'aident pas à construire le sens,
je détourne les yeux vers la légende pour comprendre, mais c'est encore des mots incompréhensibles, vite écrits mal écrits, comme toujours.
Derrière, la radio (dé)crie l'actualité...
Je ferme l'album intérieur, rien n'en sortira aujourd'hui ; son organisation sommaire , les visages qui s'y inscrivent, les mots croisés au hasard de la marche, ne ferons pas sens aujourd'hui.
A moins que... Finissant (pour aujourd'hui) la visite de l'album, je me dis qu'il me faut accepter que la vie, insensée, ce n'est qu'en son soir, qu' au final, qu'en paraîtra un peu le sens (et encore!). Mieux la vie, pas le sens, juste la vie..
Je suis au bureau, face à l'écran, les mains errent sur le clavier, lettre après lettre faisant paraître les mots, un signe pour ce qu'il est : un signe.

Publié dans Autre inclassable

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