mots blancs, culture et réseaux...

Publié le par Fabrice Levy-Hadida

leCorpsStore0008.JPGTrois mots, quatre phrases et puis rien. Textes courts  ou feuille blanche ?  Ces derniers jours, j’ai fait le choix de textes courts, me disant après on verra bien... Chaque fois,  mot après mot construisant la phrase, le sens paraît.... Malgré la brièveté, l'esprit qui rappelle : pas trop longtemps penché sur la feuille, faire vite sinon l'esprit sermonne, t’as pas autre chose à faire. Le temps, toujours le temps. Pourtant je pourrais le raisonner en lui demandant , qui derrière moi crie ? Personne, moi peut-être... Vous imaginez ? Vous le voyez, le marionnettiste, tête à tête s'engueulant... Oui, imaginez, un homme se criant dessus, de lui à lui...
Mais non, même pas comme ça que ça se passe. J’arrête simplement, je fais court pour ne pas trop grignoter sur le reste, contrats, devis, conventions, et autres préparations....Et le reste ça commence à prendre beaucoup de temps, le volume du reste…De telle manière que préparant nos calendriers, nous jonglons d’un lieu à l’autre, d’un temps à un autre, d’une tâche à une autre en nous demandant quand nous pourrons nous poser ? Il faudrait peut-être formuler ça autrement. C'est pas qu'il aime pas, mais la, le volume de ces préparations, de ce faire la, devient critique...
Hier matin longue conversation téléphonique avec Christian Chabaud. Ca fait du bien. Paroles échangées, informations et nouvelles... Christian Chabaud avec Philippe, Nicole et Nicolas et d'autres encore c'est la Cie Daru. La Cie Daru, c'est le Pôle de la Marionnette en Essonne. Daru c'est des défricheurs... et ça me fait toujours du bien d'avoir de leurs nouvelles, de savoir que d'autres ailleurs continuent  d’inventer encore les cases dans lesquelles ils interviennent ; ne sont pas seulement les pions de joueurs anonymes... Daru c'est aussi  Les Champs de la marionnette, le temps fort du Pôle...Daru nous les avons rencontré en 2005 quand ils nous ont accueilli en résidence puis dans les Champs. Depuis, même si on ne se voit pas, ils sont proches. Même si la distance nous sépare, nos chemins sont proches... J'en ai déjà parlé ici, j'en reparlerais et si vous voulez en savoir plus, suivez les liens...
Regard sur le monde, le pays la région, la ville et au final, je m'aperçois que le quartier, « le plus près » m'intéresse plus que tout. Parce que « le plus près » rejoint « le plus loin » aussi...
Mais dans le plus près, même si nous entretenons des liens avec certaines structures culturelles dont la philosophie est proche de la notre, nous restons déconnectés d'un réseau culture-marionnette-traditionnel. Ce n’est pas que nous ne voulons pas participer, c’est encore une fois une histoire de temps et aussi de philosophie..
Oui, j’ai essayé, le groupe, le forum, le collectif. Mais ça n'a jamais marché... Jeune, c'est le milieu improbable duquel je venais qui me faisait ne pas me sentir "chez moi" dans les groupes... Plus tard, travail et volonté aidant, chemin faisant je ne peux penser que c'est les mêmes raisons qui m'empêchent encore de trouver ma place dans ces réseaux.  Peut-être suis-je trop égoïste, trop "auto-centré" ? Certainement, mais aussi, me connaissant je peux le dire aujourd'hui, je suis plein d'une rigidité qui m'empêche d'accepter les petites compromissions de ces milieux. Je n'ai plus vingt ans, je ne renonce pas à mon collectif idéal dans lequel les individualités travaillent ensemble pour améliorer le bien commun, bien qui échappe à ses membres et nourrit le plus grand nombre...
Oui, je ne supporte pas les groupes qui se constituent, disant représenter une majorité mais ne défendant au final que l’intérêt de leurs membres les mieux placés… A chaque fois que nous nous essayons d’intégrer des collectifs et autres rapprochements de structures c’est cela que nous constatons, la défense d’intérêts individuels derrière une façade de collectif….
C’est peut-être le propre de notre époque dans laquelle la majorité pense que les guerres sont terminées, qu’il ne s’agit plus maintenant que de petites batailles de pouvoir et de partage de l’acquis…. En regardant au plus près, je reste convaincu que non, les guerres ne sont pas terminées, que oui, il reste beaucoup d’endroits ou la culture n’arrive pas encore et nous avons encore beaucoup à inventer…
Le temps est dépassé, je suis hors-limite, comprenne qui pourra, qui voudra..

Publié dans Point de vue

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