manque de régularité, je vais me reprendre si je peux, si j'y arrive...

Publié le par Fabrice Levy-Hadida

PIC-0079.JPGLe blog, journal de bord, c'est plus comme avant. Quand aujourd'hui, il m'arrive de le relire, je le découvre décousu et je me dis, je constate que c'est plus tout à fait pareil. Plus le temps d'assurer l'exercice d'une écriture régulière. A chaque forme ses défauts ; dans la régularité, certaines fois se découvraient les répétitions mais aussi,  c'est dans la régularité que je savais  la mémoire se construire. Outil de mémoire il me permet aussi de dire, crier, sussurrer des ressentis.
Si le blog, ces derniers mois n'a pu être tenu à jour... pour autant les ressentis n'ont pas été absents. Ici et là des histoires ont vu le jour, ont été raconté ou pas ; d'autres se sont cassées... Des rencontres, des sourires, des difficultés, des émotions que je n'ai pas pris le temps de (d)écrire. De Lille à Béthune, de Douai à Marles-les-Mines, de Bruay-la Bussière à Maulde , d'Arpajon à Roeulx, à Wingles combien de visages croisés, combien d'histoires vécues. C'est sûr, si j'avais pris le temps de toutes les conter peut-être n'aurais je pu toutes les vivre. Je sais, rien n'est perdu, tout est mal rangé.
Il y a une dizaine de jours (combien de jour ?), nous sommes revenus de Marles-les-Mines, et de cette longue résidence, avons rangé vite (jeté ?) dans les locaux de la rue de l'arbrisseau une partie de notre matériel et avons entamé une série de 26 représentations. En parallèle les actions artistiques et autres ateliers ont continué de dérouler leur fil, rencontres et explorations marionnettiques se confondant parfois. L'esprit fatigué n'a pas de distance. Passant d'un lieu à un autre, d'une identité à l'autre, je perds parfois le calme. Tracée hors régularité l'histoire contée...ne prend pas le même sens, ne constitue qu'une mémoire fragmentée, décousue donc. Cette absence de régularité descriptive vient aussi du fait que de jour en jour nous avons trouvé un rythme de l'émotion et que d'une certaine manière, ne pas nous raconter, nous arrange. En effet, comment dire ce qui est ressenti  quand "Aurélie", arrivant de l'IMA dans la classe du collège, les mardis à Douai, nous sert longuement dans ses bras  répétant à l'oreille  "contente" ? Que dire de ces instants passés avec les collégiens, et ceux de l'IMA ? Que dire de nos interrogations d'adultes ? Que dire du regard de Quentin ? Que dire ? Alors, oui, peut-être que le silence arrange.
PIC-0059.JPGOui, quand les mots ne s'organisent pas, que le temps fait défaut, le silence prend le pas.
A côté de l'émotion, la fatigue empêchait la parole. Lorsque le soir rentré, tard, difficile de plonger dans l'écran, les mains sur le claviers et de (dé)saisir les ressentis. De travail ou de course, de ciel et de terre, kilomètre après kilomètre construisant aussi les routes que nous parcourions, une fois rentré il  ne me semblait pas possible de trouver les mots. Alors j'abandonnais au silence difficultés et joies, peurs et vides qui constituaient  l'aventure... Mais le temps du silence ne doit pas durer plus longtemps. Je veux reprendre le fil de cette mémoire là, de ce blog là, de ce journal là. 
Que dire de ces après-représentations, vidé ? Que dire du corps cassé, de la tête ailleurs, le regard perdu sur la ligne d'horizon ? Que dire des sourires après les représentations faciles ? Que dire de l'émotion après les représentations difficiles, après lesquelles on sent que ce qu'on voulait offrir n'a pas été reçu ? Que dire de ce fouillis ? C'est dans l'écriture que le sens paraît, pas dans le silence. Le silence permet le fouillis.
Page après page, mot après mot, le mot-sens devra revoir le jour, la page.
De ces impressions nous tirerons les lignes de notre histoire. Les belles pages et les mauvaises heures, j'essaierai à nouveau de les raconter. Les peurs et les doutes, les joies et les réussites dans les mots prendront leurs sens.
PIC-0207.JPG Je ferme les yeux (expression souvent ici utilisée pour dire je me souviens) et je me revois descendant du métro, il y a quelques semaines en arrière. C'était un jour de bureau à Lille-Sud. Pas pressé rendez-vous qui se profilent et se succèdent. Arrivant en bas des escaliers un policier  interrompt ma course et me demande mes papiers. Le contrôle a duré. Et pendant que l'inspection se déroulait je me demandais ; pourquoi dans ces quartiers les contrôles sont-ils si réguliers ?  Pourquoi dans ces quartiers le respect du au citoyen n'est-il pas tout à fait le même ? Je n'ai pas du tout aimé qu'on fouille dans mes poches. Je n'ai pas du tout aimé qu'on inspecte ma mallette ; je n'ai pas du tout aimé ce doute et ces questions. Aujourd'hui je peux le dire, depuis ce contrôle, j'ai eu plus de mal à écrire. Que dire de ces policiers nombreux sur les routes ? Dans les métros ? Dans les villes, les campagnes et les rues ? Que dire de cette société du verrou et de la peur ? De la publicité et la télévision qui prennent le pas sur la communication humaine verbale et non verbale ?
J'ouvre les yeux, je reprends le dessus, la course continue ; folle, elle est folle.  A quand l'accident ? Les émotions se télescopent. Les visages s'entremêlent, ils n'ont pas d'identité précise. Je sais juste que j'essaierai de reprendre le dessus. La régularité fait sens. Alors oui, j'essaierai d'écrire plus souvent, acceptant de me répéter, fatigué, heureux ou malheureux, avec ou sans mot, j'essaierai d'écrire plus souvent pour que le silence ne m'envahisse pas et que cet outil de mémoire reste rangé !

PS communication spectaculaire :  La chambre (de Zette) 
prochaines représentation dans le cadre du 10 Villes 10 dates avec l'Agglomération de la Porte du Hainaut
29 novembre  à Bruille Saint-Amand 15H (scolaires) et 18H (tous publics)
30 novembre à Wasnes-au-Bac 15H (scolaires) et 18H (tous publics)
Renseignements et Réservations Porte du Hainaut service Culture 03 27 09 92 27

Publié dans Point de vue

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