l'autre crie exulte, enfourche sa mini moto et autre quad....

Publié le par Fabrice Levy-Hadida

feu.jpgA Lille-sud, les briques jonchent  le sol. Devant la porte de nos locaux,  on voit les restes de nuits agitées. Parlant ici, avec l'épicier, là avec l'enfant , là encore avec le jeune désœuvré on sent que le désespoir s'est emparé du quartier et que pour l'instant, rien n'y fait, ni les effets d'annonce, ni certaines présences policières ; beaucoup ici se sentent exclus.... Je lis les journaux, j'écoute les analystes et parfois je me demande comment icertains font pour confondre une minorité qui brûle et se rebelle à la majorité des habitants de ces quartiers.  Le climat est tendu ! Est-ce étonnant que dans cette misère la tension monte ?
Je repense à mon dernier contrôle à la sortie du métro et cela me laisse le sentiment que les portes de la ville (devrais-je écrire du centre ville) sont gardées ; oui,  ceux qui entrent et sortent des quartiers sont contrôlés et doivent montrer patte blanche....
Plus de deux ans que nous sommes installés là; Lille-Sud, l'arbrisseau, plus de deux ans et rien ne nous est arrivé si ce ,n'est des bonnes choses, d'agréables rencontres, de justes échanges et même si, comme en ce moment le climat est tendu, la peur ne prend pas le dessus.
Oui, l'autre pourrait nous cambrioler, nous dépouiller et nous devrions recommencer à zéro mais je ne veux pas que la peur m'empêche de bouger.... Oui, l'autre crie, exulte, enfourche mini moto et autre quad, n'utilise pas les même mots que moi ; est-ce raisonnable de ne pas reconnaître sa différence ? Est-ce juste de faire de sa différence la différence de tous les habitants de ces quartiers ? Des quartiers de la région parisienne, à ceux de l'Ariane ou de Saint Augustin à Nice , de Lille-Sud à l'Epeule à Roubaix, tous leurs habitants devraient être rangés dans un même sac ? Un unique sac qu'on devrait vite refermer et jeter loin, tant on ne sait gérer les habitants qui le composent ? C'est ça notre société, une société de peur et de rejet ? Mais, ce que je vois à l'arbrisseau, c'est la pauvreté ! Et je dois vous avouer que c'est elle qui m'effraie et pas l'autre ; je dois aussi vous avouer que je pense que c'est elle, la pauvreté, qu'on devrait combattre et pas l'autre. C'est elle qu'on devrait décréter inacceptable et pas l'autre.
Peut-être va -t-on continuer dans le rejet ; systématiser les contrôles aux entrées et sorties, déplacer les populations, embastiller les plus réticents ou rebelles mais cela ne réglera pas les problèmes. Villes riches et quartiers pauvres, c'est à la misère qu'on doit s'attaquer...

Publié dans Point de vue

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