l'oiseau sans aile tombé du nid n'est pas un mot-clé entre guide Lefebvre et circulaire Acoss

Publié le par Fabrice Levy-Hadida - Cie Les Mille et Une Vies

undefinedMots sombres, il faudrait que ça change ?  Mots sombres, on peut se dire il faudrait que ça s'éclaircisse... Je n'y arrive pas ; je cherche des couleurs mais, dans la fin d'hiver, n'y parviens pas, n'arrive pas à dépasser les constats "crasses". Ca changera peut-être demain.  Une phrase piochée ici, redite là, transformée demain, mots sombres encore qui envahissent le quotidien de l'écrit...  Les doutes, les questions prennent le terrain intérieur, ne laissent pas serein. Il y a pourtant de quoi rire, ou tout le moins de quoi sourire ; de la radio, une voix me parvient, ses mots je les écris ici in extenso " le moral n'est pas au beau fixe... " de quoi parle-t-elle cette voix ? Je ne sais pas, juste saisissant  la phrase je la répète et ne sais rien d'elle ; ni d'où elle vient, ni où elle va...
Je m'essaie au changement  de registre, le regard fuit l'écran et  regarde la table... Effaré un instant par la masse de papiers qui l'encombre, entre lettre Circulaire Acoss et Guide Lefebvre j'en viens à sourire de ce quotidien la, de ces semaines surréalistes la. Demain nous serons à Douai puis à Wingles et mercredi à Maulde et Avesnes-Le-Sec pour nos ateliers hebdomadaire et aujourd'hui je traite déclarations, plan de trésorerie, tableau récapitulatif, charges et autres tâches administratives. A côté, bureau jouxtant le mien Dorothée pose des mots-bilan sur l'année passée. Elle ne dit rien, les mots font des phrases, le clavier chante et par intermittence, sa réflexion s'épanouit dans le silence. Derrière, la voix de la radio continue de parler, elle a été rejointe par d'autres qui complètent son discours : "crèmerie, blog, expertise, mais quand même on n'est pas dans une dictature...crise...".
De quoi parlent-ils ? Ce mélange des genres participe aux mots sombres, au sentiment noir...
J'interroge mes souvenirs et leur demande à quel moment le virage a été pris ? A quel moment ai-je décidé que l'atelier du marionnettiste devait être complété par ce travail de fourmi de bureau dans lequel je m'arrache parfois les cheveux tant le cadre complexe et étriqué est inadapté à notre réalité polyvalente ; un cadre que nous le faisons voler en éclat dans notre polyvalence. La polyvalence ce n'est pas ce qui est complexe, c'est plutôt que nous marchons sur des territoires ou peu se sont aventurés. Dans le monde des entreprises culturelles, les artistes sont souvent intermittents et les administratifs permanents. Et si certains artistes assurent la gestion de leurs projets c'est plus par défaut que par choix... Nous avons, artistes, décidés de gérer notre structure. Nos projets et notre permanence passent par notre polyvalence. Oui, nous n'avons que peu de trace ou mettre nos pieds... 
Les voix de la radio continuent leur musique, les mots je les ai compris, les journalistes sont trop nombreux, les journalistes disparaissent... J'ai compris que je n'ai pas compris. Je décide de continuer d'écouter la musique des mots et des voix sans vouloir comprendre le sens. Tout cela n'a pas d'importance, peut-être demain ne serons nous plus... Envolés, hommes,
marionnettes et poupées et, sans aile,  comme l'oiseau tombé du nid, nous ne serons plus. Mais aujourd'hui je suis encore et les quelques heures de travail qui restent doivent être consacrées au déclarations et autres tableaux récapitulatifs qui ne voudront pas patienter après le 31. Quand sera validée la déclaration, je passerai à autre chose mais, pour l'heure je continue... rai demain.

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