regagner le terrain de la comptabilité poétique

Publié le par Fabrice Levy-Hadida - Cie Les Mille et Une Vies

undefinedIl faudrait regagner le terrain ; bannir la peur souvent accompagnée de l'impatience et se rendre sur le champ des guerres intérieures. Changer de visage, refaire dents et sourire en pensant que rien n'est impossible. Il faudrait... jeter  les livres de comptabilité générale qui me changent et me chamboulent. Il faudrait réécrire un Plan comptable poétique, un code du travail musical et des conventions humaines avant tout autre chose.
Je baisse les yeux.
Je  me faufile un instant entre deux lignes de compte, le temps file, et je me dis que j'y reviendrais un jour, si le coeur  le veut , si le coeur y est...
Mais comment avoir du coeur dans cette période sombre, un jour, hier voyant par écran interposé une vague bleue, d'hommes en bleu. Vague qui déferle dans la cité. Vague réveillant ici et là des familles, des enfants, bousculant certaines petites âmes... Hommes en bleu  qui sourient derrière leurs masques en tenant haut leur outillage, matraque,  taser et autres appareillages modernes.
Je baisse les yeux, les paupières se ferment, la paume de la main se pose sur le front ; n'est-il pas chaud ? J'imagine autrement. Je voulais autrement. Ce drôle de jeu, devons nous y jouer, l'accepter ?
Je recommence, je ne recommence pas. Je, ne joue pas. Je, ne pas...
Je baisse les yeux et je revois, sous la table les coups de pieds de la mère viennent taper les mollets des enfants quand ils ne se conduisent pas comme elle le souhaite. La force du coup dit sans mot. Le coup, plus ou moins fort selon que les enfants tirent la langue, mettent les coudes sur la table, disent un "gros mot", est toujours accompagné d'un regard bleu-appuyé.
Tu te souviens ? Tu te souviens la guerre intérieure ?

Publié dans Autre inclassable

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