mot après impatience, marionnette du refus.... théâtre et moi...

Publié le par Fabrice Levy-hadida - Théâtre de Marionnettes Itinérant - Cie Les Mille et Une Vies

undefinedPas d'impatience ; coeur, oeil et main se réunissent et décideront quoi faire, le pied ne s'émancipera pas... Je les laisse décider de la suite à donner à cette affaire. J'imagine un drôle de jour, un jour à venir, un jour passé, un jour conditionnel pendant lequel un morceau du corps chercherais l'autonomie, se rebellerais rejetant les autres. C'est sûr, ce jour, si tous s'y mettaient, je me dirais que je ne m'en sortirais pas. Ou alors, écoutant matin et soir les revendications, je passerais mon temps à temporiser ; la tête royale, impose au pied d'avancer.... La dent empêchant tout mouvement puis, la carrie, puis l'absence de dent s'y mettant à son tour alors, je déciderais de ne pas les écouter ; je les laisserais parler sans les entendre. Mon corps peut dire ce qu'il lui plaît...
C'est ainsi que, mot après mot, ligne après ligne, la parole sort du silence et, si parfois ceux écrits sont sans importance, je dois vous avouer que malgré tout, les laisser venir est avec le temps devenu nécessité....
Os de la main qui craquent, mâchoire tendue, je me penche sur l'attente et, me demandant ce qui doit venir je réentends les mots lu hier soir. Une histoire d'enfants, une histoire pour les enfants lue à voix haute. Un Ours Oscar face au jeu d'enfants devenus grands, la guerre incompréhensible pour les enfants, je réentends les mots.
Comme tous le mardi, nous partons tout à l'heure à Douai retrouver Collégiens et enfants de l'IMA. Au Collège Châtelet de Douai, séance après séance quelque chose se construit ; avec les enfants, avec le collège.. avec l'IMA c'est une autre histoire... Avec les enfants de l'IMA une confiance s'est installée, ils nous connaissent et nous (re)connaissent et si, pour l'heure nous ne  sommes pas encore tout à fait à l'aise, avec nos codes traditionnels de communication remis en question, je fais en la matière entièrement confiance au temps ; il nous aidera à nous faire une palette d'outil.  Avec Yann, professeur d'art plastique à l'initiative du projet, nous rêvons de donner une suite à cette expérience et j'espère que nous réussirons à réaliser ce rêve parce que chaque pas que nous faisons est un pas contre le silence ....
Puis comme chaque mardi depuis octobre dernier, nous partirons de Douai et nous dirigerons vers Wingles. A Wingles nous retrouverons un groupe attach(i)ant . Ces enfants de 7 à 14 ans , suivis dans le cadre du PRE, Perrine, Quentin, Madisson, Allisson, Davy, Clémence et Eloise ne vivent pas dans un monde facile et, quand on les connaît et qu'on voit ce dont ils sont capables, on se demande pourquoi la loterie de la vie les a aussi mal servi.... A chaque fois que nous rentrons de ces deux expériences, il nous faut parler, parler, parler.... Pourtant aucun  mot ne réussit à rendre acceptable qu'un enfant souffre et/ou ne dispose pas de conditions acceptables de vie... France 2008, égalité, fraternité, etc...

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