avancer, commencer l'objet et se laisser porter par le geste (artistique)

Publié le par Fabrice Levy-Hadida - Cie Les Mille et Une Vies

PIC_0121_jpg_0.jpgLa phrase, comment la commencer ? Avant de poser les mots, il faudrait savoir finir, où finir. Souvent, commençant, je ne sais rien. Souvent, commençant, je me laisse porter. Et dans cette obscurité intérieure, face à la sculpture, face à la construction d'un objet, face à l'écriture, je  procède de la même manière. Je regarde une masse et un coup de ciseau en entraîne un autre, jusqu'à ce que je sois étonné par le résultat, tellement étonné que les ciseaux, les outils d'écriture et autres plumes, sont posés. Il faut se vider, faire le vide pour bien commencer. Toute action, maintenant que j'y réfléchis ne se construit pas différemment ; une fois démarrée, au fur et à mesure que les pas nous porte vers l'avant, les réalités se dévoilent, le sens paraît. Il faut être patient, le temps travaille avec nous, non contre. Mais aujourd'hui, ce temps, nécessaire à toute construction intelligente et sensible est de moins en moins accordé par ceux qui financent. Aujourd'hui, tout le monde veut résultats rapides et rentabilités immédiates. Sont-ce des notions convenables pour évaluer le geste artistique ? Si nous pouvons mesurer la fréquentation d'une salle, d'un évènement, pouvons nous mesurer l'impact du temps artistique sur les hommes ? Et si in fine, nous ne pouvons mesurer cet impact devons nous le supprimer ? J'ai bien peur que la voie vers laquelle l'époque nous dirige soit une impasse ; il nous faut vite (avec patience et obstination) inventer des alternatives...

Publié dans Point de vue

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