individu contre collectif le match a commencé... à quand l'intermède ?

Publié le par Fabrice Levy-Hadida- Théâtre marionnettes contemporain - Cie Les Mille et Une Vies

L'individu a pris le pas. A marche forcée et parfois contrainte, le collectif et tous les espoirs qu'il peut faire naître, on tente de mettre dehors ; dehors, ce qui nous réunit ; vive ce qui nous divise. Regardant autour de moi, j'ai le sentiment que les outils de construction collectifs sont systématiquement détruits par des intérêts individuels. Devons nous arrêter de signer appels et autres pétitions ou ré interroger les pratiques de "certaines têtes" de réseaux ? Le doute est un bon outil de division humaine. On crée le silence par le doute. La peur est le deuxième outil de la division. Celui qui a peur se tait plus facilement. Y sommes-nous irrémédiablement arrivés dans cette société où ne compte que notre  réussite propre ou, pouvons-nous encore changer le cours du temps ? Coureur effréné, je me dis que la question m'empêche de courir mais, lorsqu'il m'arrive de m'arrêter, ce doute et cette peur susmentionnés me saisissent.
Comment encore avancer ensemble ? Comment participer à faire avancer l'ensemble ? C'est le parcours de chacun qui construit une route immense.  "Je" n'est rien sans l'autre. ... Que disait-il ? L'autre ? L'enfer ? Je ne sais plus, je ne sais rien. A partir de nos villes et nos villages, dans nos maisons, nous devons, après nous être interrogés, commencer de nous donner, nous offrir, offrir nos avancées individuelles au regard de l'autre. Et même si, offrant, nous nous faisons charger par des hommes en bleu déterminés. Dans ces moments, nous ne devons pas oublier que derrière le bleu, se cache un homme (ce qui ne change rien...). Avez-vous donc vu ces images d'hommes, chargeant des enfants, des lycéens encore enfants, parce qu'ils occupaient (pacifiquement) l'entrée du lycée ? Serions- nous en guerre ? Entendez-vous le bruit des bottes ? Les sirènes de Police, de pompiers, d'ambulance, vous semblent-elles, comme moi, plus régulières depuis quelques mois ? Pourtant tout va bien, on nous l'assure, la réforme avance et, tout va bien...
Même si la peur et le doute sont là, que tout tend à confirmer que l'individu a pris le pas sur le collectif, n'oublions pas que, maître du jeu, l'homme peut participer à changer les choses. Face aux terrains sur lesquels nous intervenons, dans notre pratique quotidienne, il nous arrive de nous sentir isolés. Je l'ai déjà écrit ici. Alors nous avons pris la décision d'adhérer à certaines structures professionnelles. Sans présumer de l'état dans lequel nous trouverons ces structures collectives, sans savoir si nous y trouverons notre place, pour sortir de notre isolement, nous avons adhéré au SYNAVI. Je ne suis pas impatient, on verra bien si notre présence peut-être utile ( à l'autre, au syndicat, à nous) ou si comme en 2006 avec  THEMAA, ne parvenant pas à trouver notre place, nous interrogeant sur son fonctionnement, nous ne renouvellerons pas notre adhésion. Vieillissant, je suis plus tranquille dans mes impatiences ; mais le temps manque pour que j'accepte la transformation en mollusque...
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