je n'est rien... marionnettes et bouts de ficelle...

Publié le par Cie Les Mille et Une Vies

Les mois et les jours passent, nous avançons dans le silence. Marionnettes, homme et objet, tous dans le même sac. Semaine après semaine, tant de kilomètres parcourus, nous ne tenons pas en place. Un mot aujourd'hui, quelques phrases comme signe. Nous avançons plein d'émotion et elle n'est pas prête de disparaître. Semblable émotion que celle que nous ressentions quand, dans les quartiers de Lille, nous menions nos actions (actions interrompues faute de financement de la Ville). Même regards aujourd'hui, de petite ville en salle de collège en salle de village, face au public, regards bienveillants nous assurant dans nos choix. Mes mots sont confus, je l'admets, mais comprenez, c'est un drôle de projet que le nôtre, celui des Mille et une Vies, et de son Théâtre de marionnettes Itinérant ; dix ans qu'on cherche notre langue et qu'on invente nos territoires, dix ans de recherches de vocabulaire, dix ans que je le porte me disant qu'on ne va pas y arriver. Aujourd'hui, étrangement, alors que l'époque semble se détourner des arts, nous voyons que ce que nous défendons, se pose au centre et commence de s'installer dans une durée.... Peut-être demain cette durée sera-t-elle remise en question, peut-être demain me faudra-t-il écrire le contraire de ce que j'écris aujourd'hui mais, pour l'instant, je constate étonné que nous dépassons la précarité et qu'une certaine visibilité de moyen terme s'installe.
A force de construire des agences de ventes, l'art porté par des attachés commerciaux, s'est paré de l'habit du marché.  Et ici et là avançant on a tenté de nous faire oublier le sens politique du geste artistique. Dans notre projet, Entreprise Artistique de Proximité, Compagnie, Théâtre de Marionnettes Itinérant, accompagnant le public, toujours soutenus par sa présence et son regard, nous avons resisté et si parfois nous avons du utiliser les outils de l'époque cela n'a jamais été au détriment du sens que nous voulions défendre et porter. 
Aujourd'hui donc, alors que beaucoup souffrent et que certains disparaissent, j'ai le sentiment que notre résistance porte ses fruits, nous commençons d'être entendu. Etrange donc de constater, qu'alors que l'époque se défait de nombre d'acteurs qui voulaient atteindre les hautes marches, notre présence au plus près, nous protège.
Les mois et les jours passent, lorsque je regarde le monde je le trouve effrayant mais je sais aussi que dans notre village, des utopies continuent d'être et cela réchauffe le coeur. C'est sûr, nous restons fragiles et un coup de vent pourrait nous faire disparaître mais notre volonté ne faiblit pas. En cette année 2008, Juin va bientôt se finir et les liens que nous avons tissés tout au long de l'année avec ceux de Douai, de Wingles, d'Avesnes-le-Sec, de Maulde, de Bruay-la-Bussière et d'ailleurs encore nous rendent plus fort. Oui, le public nous porte et dans son regard, chaque fois, nous sortons assurés de la justesse de nos choix. 

PS : Depuis quelques semaines notre structure et nous salariés nous sommes engagés auprès de ceux qui souffrent du désengagement de l'Etat. Plus d'infos sur la mobilisation régionale et les actions menées par le Collectif que nous avons intégrés sur le blog
Collectif Art et Cultures NPDC.
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