photographie floue d'une marionnette en construction

Publié le par Fabrice Levy-Hadida - création 2009 - Cie Les Mille et Une Vies - Théâtre de Marionnettes Itinérant

Objet, objet, je veux savoir ce que tu caches. Alors, ce père la, ce personnage la, je lui ai mis une veste et tendu la main. Objet, je voulais voir ce que pouvait être ton volume. Marionnette, cabotin, tu as pris la pose pendant que je te photographiais ; tu ne disais rien. Silencieux, tu t'es prêté au jeu. Après la séance photo, je t'ai laissé là, dans le couloir, pour retrouver clavier, projets et paperasses. Je t'ai oublié ; je ne pensais à rien d'autre qu'à ce que je faisais. Dossiers et chiffres, mots et batailles intérieures. Le soir venu, lorsque j'ai voulu baisser le rideau de fer du local tu t'es mis sur mon chemin. J'avais en tête le rideau d'acier. J'ai sursauté, l'espace d'un instant j'ai pensé que quelqu'un s'était introduit dans le local. Mon coeur battait vite. Deux secondes plus tard, peut-être moins de temps encore, la réalité a pris le dessus ; tu n'es qu'un objet, je ne dois pas avoir peur.
Je me suis dit que j'aurais du te démonter, pour m'éviter des frayeurs inutiles. Au contraire, je t'ai laissé là, regardant du haut de tes 1,80M mon humanité...
La marionnette, elle est comme ça : elle regarde le monde de l'homme et, pleine de distance, lui en présente un reflet. Un reflet parfois effrayant, parfois poétique ; reflets qui pourraient nous permettre, ici et là de changer de voie ou d'ajuster notre chemin....
Je suis parti du local. A certains moments de la nuit, tu es revenu me hanter ; je me suis amusé de la tête que pourraient faire des cambrioleurs s'introduisant dans le local. Ne soyez pas trop effrayé, il ne mord ni n'aboie et, veilleur au yeux blancs, il ne dit que ce que le manipulateur lui fait dire ; oui, il veille.
La chaleur continue de m'écraser. Mes doigts se figent, je pense à la couleur particulière que devraient avoir tes yeux, mais dans le dictionnaire des couleurs, je ne trouve pas son nom.
Image, image, le temps passe, les photographies sont floues, il me faudra refaire une courte séance tout à l'heure. A moins que je me mette en sommeil...
31 juillet, je m'étais promis des vacances pour le 1er août, me voilà bien embêté. Oui, je devrais être en vacances et pourtant, non du travail encore, de l'envie de travail alors, pas de vacances, pas avant le 15 août... des mots et de la construction, des croquis et des tableaux... 
Dans la maquette du castelet, je vais poser des objets, tirer des ficelles, tendre des tissus, le temps passera vite. Oui, le temps passe vite, trop vite. Encore. Dans un monde parfait j'utiliserais un ralentisseur-accélérateur de temps (quand nous vivons des situations agréables ou désagréables) ... Ne vivant pas dans un monde parfait, il ne me reste donc qu'à vivre sans modération ces instants si précieux...
Regardant ce visage, j'y reviens, une histoire commence ; visage, ce n'est que le prototype mais déjà, mémoire et passé commencent à paraître. La phrase lentement se construit ; approchez, approchez, je vais vous raconter l'histoire... Un autre jour, pour aujourd'hui je vais laisser cet espace et continuer d'écrire les mots qui composent l'histoire de cette famille ; anecdote après évènement je vais tisser la toile de leur(s) histoire(s).
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