recommencer, marionnette et parole...

Publié le par Fabrice Levy-Hadida - Cie Les Mille et Une Vies

Prendre le temps, il faudrait que je prenne le temps d'écrire ! Mais par quoi commencer ? A cette étape, saisi par les tourments les plus divers, je tourne la page et me disant que j'y reviendrais, que plus tard la pensée sera plus claire, je remets à l'incertain ce que je devrais faire dans l'instant. Comprenez-moi, que dire ici qui sans être flou explique ?
Dans ma vie, les vents de la tempête font que l'intensité des instants est difficile à saisir par l'écrits. Sans limite professionnelle, tous les instants, même s'ils savent être inquiètants, demandent concentration sans cesse renouvellée.
La Cie Les Mille et une Vies grandit. Accueillant de nouveaux salariés, équipe et projet d'entreprise semblent avancer vers l'avenir avec un sol de plus en plus assuré sous leurs pas. Les rencontres se multiplient et si parfois je me demande comment nous pourrons continuer d'être aussi présents sur les territoires, les jours au travail huilé, sans réflexion, résolvent les incertitudes les unes après les autres.
Au quotidien je me vois dans l'impossibilité de dresser liste des choses à faire ou faites mais malgré tout, le temps et la concentration veillent à organiser les tâches. Si il me reste de ci de là, le temps de m'interroger sur l'organisation dyu temps, quand je regarde le temps passé depuis le dernier"écrit du hasard", je suis, étonné de voir comment sans organisation prépensée,  la vie devient évidente.

Annonce de dernière minute de représentation dans une école voisine
Les Aventures de Germain Lenain jeudi 19 février à 1HH45 et 14H00
La chambre (de Zette) vendredi 20 février 18H00 et samedi 21 février à 15H00
Ecole Wagner, 33 rue Richard Wagner à LILLE
Tarif Unique 2€

RENS-RES : 03 20 88 44 78



Scène extraite du texte en cours d'écriture, hors contexte "Le dernier spectacle des Grizbatoruc - par le Théâtre de marionnettes moderne de Karloviestlav - une famille de marionnettes (titre long et provisoire)"


Une fille Ania et le technicien Ian

Ian le technicien (ton mielleux, tout bas) : Ania, ma jolie Ania, embrasse moi...

Ania une fille : Ian, laisse moi, tu sais bien que je ne peux pas !

Ian Le technicien (doux mais plus ferme) : Ania ma douce Ania, je te dis embrasse moi !

Ania une fille : Iany mon petit Iany moi je te dis que je ne peux pas

Ian Le technicien : Ania ma chère Ania, dis moi pourquoi tu ne peux pas ? Ania ma vilaine Ania dis plutôt que tu ne veux pas...

Ania une fille : Non, si je te dis que je ne peux pas, c'est parce que je ne peux pas !

Ian Le technicien : Allons Ania, ne fais pas la farouche, embrasse moi (il s'approche tout près, l'enlace..) Tu me repousses ? Tu me rejettes ? Ce n'est pas cette Ania que je connais ?

Ania une fille : Ian, Arrête tout de suite, il va nous voir !

Ian Le technicien : Qu'il nous voie et qu'il nous laisse en paix !

Ania une fille : Tu veux qu'il nous tue ?

Ian Le technicien : Qu'il essaie, tiens, qu'il essaie ! (un temps puis il reprend) embrasse moi !

Ania une fille (commençant de s'énerver) : Je suis maquillée et je ne veux pas repasser en loge alors Iany maintenant laisse moi finir de me préparer !

Ian Le technicien : Je te laisse ma douce Ania si tu me promets que ce soir nous partons loin de ce théâtre

Ania une fille : Tu veux que nous partions ce soir mon chère Iany

Ian Le technicien : Oui ma chère Ania, je n'en peux plus de me cacher toujours me cacher.

Ania une fille : Réponds moi mon chère Iany tu veux que nous partions ce soir ?

Ian Le technicien : Je veux me promener main dans la main, je veux te serrer sans que tu aies peur, je veux du soir au matin pouvoir te contempler sans redouter que quelqu'un transperce mon regard ou ma pensée ; je veux être loin de ce théâtre, je veux être près de toi, tout près de toi ma belle Ania

Ania une fille : Que tes mots sont doux mon beau Iany, je veux être à toi, partir avec toi, t'embrasser quand tu le veux, embrasse moi mon beau Iany ! Iany, mon beau Iany, embrasse moi...

Ian Le technicien : Ania, laisse moi, tu sais bien que je ne peux pas !

Ania une fille : Iany mon doux Iany, je te dis embrasse moi !

Ian Le technicien : Ania ma petite Ania, moi je te dis que je ne peux pas

Ania une fille: Iany mon chèr Iany, dis moi pourquoi tu ne peux pas ? Iany mon vilain Iany dis plutôt que tu ne veux pas...

Ian Le technicien Non, si je te dis que je ne peux pas, c'est parce que je ne peux pas ! Ania ma belle Ania, tu es toute maquillée, tu le sais bien que je ne peux pas t'embrasser !

Ania un fille : Dis plutôt que tu ne veux pas ? Tu ne m'aimes plus ?

Ian le technicien : Ne dis pas de bêtise, ton père verrait ma bouche barbouillée et mon cœur au bord des yeux

Ania une fille : Ta bouche barbouillée, qu'est-ce là Iany mon tendre Iany ? Tu as peur de lui ?

Ian le technicien : Je ne dis pas ça !

Ania une fille : Tu ne dis pas ça mais tu le pense !

Ian le technicien : Tu veux que je t'embrasse ?

Ania une fille : Je veux que tu m'embrasse

Ian le technicien : Alors viens ici que je t'embrasse ! (elle s'approche) plus près, viens plus près (elle s'approche encore, il va pour l'embrasser mais au dernier moment sursaute et fait trois pas en arrière)



Entre M. Grizbatoruc . Il regarde Ian et Ania puis se lance dans son monologue comme si de rien n'était, il entreprend le public, joue des exclamations, cabotin, il sur joue les mots pendant qu'il commence à parler Ian sort à cour et Ania veut sortir à jardin quand son père l'arrête...



M. Grizbatoruc : Ma fille, ah ma fille Ania. Première demoiselle du Théâtre Moderne de Karloviestlav, Ania ma chère Ania as-tu salué notre public ?

Ania une fille : Heu, à vrai dire Dady, je viens juste d'arriver et de plus...

M. Grizbatoruc (il la coupe vraisemblablement gêné par sa réponse) : Ania ma chère Ania ne t'ai je pas appris la politesse (puis tout bas à sa fille) Maudite tu sais bien que notre politesse et notre gentillesse sont nos seules sources de richesse !

Ania la fille : Mais Dady, je venais d'arriver et je te jure...

M. Grizbatoruc : Ne jure pas ma fille (puis se tournant vers les spectateurs) Monsieur Madame, je vous présente Ania, dis bonjour Ania

Ania une fille : bonjour

(un temps, M. Grizbatoruc attend mais ne voyant rien venir, il reprend)

M. Grizbatoruc (d'abord à lui même): Ah les imbéciles, à les dégénérés ! Suis-je leur père ? Qu'ai-je donc fait ? Ai-je mérité une famille telle celle la (puis il se reprend et s'adressant au public il continue) Monsieur, Madame, enfants et spectateurs, regardez cette fille belle et fluette, c'est une grande parmi les grandes (pour lui même) maudite, ma langue brule (puis au public) élevée au lait d'une grande famille de marionnettiste, pour ne pas dire la plus grande, elle a très tôt montré ses talents et depuis avançant dans son art elle conquiert les sommets. Aujourd'hui les anciens l'envient. Aujourd'hui Monsieur Madame vous allez découvrir les numéro exceptionnels d'Ania. (se tournant vers sa fille) Dis bonjour Ania !

Ania une fille (gênée) : Bonjour (un temps., elle cherche ses mots) Bonjour (un temps pendant lequel elle se tord les mimines puis reprend) bonjour

M. Grizbatoruc (il la coupe) : Monsieur Madame, Enfants et animaux, regardez la, elle est petite mais elle est grande. Madame, Monsieur, écoutez la, elle ne sait pas parler mais elle invente une nouvelle poésie du geste. C'est en 1942, au camp de Terrezin, dans une campagne désolé, qu'un jour noir et sombre nous surprîmes Ania jouant avec des serpents. Elle les manipulait, oui, Ania enfant de 7 ans manipulait les serpents comme nous, faiseurs de rêves manipulons le bois. Depuis ce jour, Ania est la plus grande manipulatrice d'objets animaux que la terre ait vue, Monsieur Madame, Madame, Monsieur, je vous demande d'accueillir Ania dans son numéro le charme des serpents. (il se tourne vers sa fille et tout bas) que fais-tu là maudite, pourquoi n'as-tu pas déjà mis en place tes boites et objets ? (elle ne répond pas, reste là, interloquée, vraisemblablement apeurée) Allez, vas maintenant, le spectacle n'attend pas! (elle sort, il continue pour lui même) Et tu verras ce soir de que bois est fait ton père (il se souvient de la présence du public, se tourne vers lui, se tord les mains et reprend) Le numéro prend quelque retard suite à un problème technique, mais, monsieur, madame, ne vous inquiétez pas, vous allez en avoir pour votre argent, foi de Grizbatoruc (il se tourne vers la coulisse cour et crie) On enchaîne, musique, musique des serpents c'est l'heur d'Ania qui commence ! (un air de flûte enfantin sort des hauts parleurs, M. Grizbatoruc recule pas à pas vers la coulisse, fait une dernière révérence et sort).

Le rideau du castelet s'ouvre laissant apparaitre Ania. Elle semble très lointaine, elle tient un sac de toile dans la main droite. Fermé par une corde épaisse, le sac est presque aussi gros que la jeune fille. De sa main gauche elle ouvre le sac puis fait un pas en arrière, elle articule un mot inaudible avec ses lèvres. Aucun son ne sort de sa bouche. Du sac entrouvert sort un serpent qui grimpant vers …./ à développer, à trouver... Le numéro se fini par Ania mordu ? L'ambulance et les ambulanciers ? Le technicien mordu ? On verra ça plus tard... Le rideau du castelet se ferme.


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