mots qui ouvrent

Publié le par Cie Les Mille et une Vies, Fabrice

Des mots, des mots, des mots. 

Je veux prendre le temps d'écrire, et, sans raturer, mettre en ligne parceque les portes entre le monde du dedans, de la Maison d'Arrêt et le monde du dehors me semblent tellement séparés que j'ai besoin d'essayer de déverrouiller, de poser quelques mots  pour aérer.

Faire avec les mots que ce qui se fait dedans se voit, un peu, un tout petit peu plus....

Après le spectacle, le 4 juilet nous avions désiré continuer l'après-midi par une rencontre avec les détenus. Ce temps que nous voulions informel devait permettre l'échange, et, répondant aux questions que notre travail et la proposition d'atelier que nous mettions en place pouvaient soulever, nous démarrions la rencontre humaine. Ce jour là, ce n'était pas un débat avec une salle mais bien des conversations qui se sont construites, plus intimes, au cours de l'après-midi avec certains des détenus. Conversations qui nous ont permis pour certaines, d'influer sur certaines des inscriptions à "l'exploration marionnettique". En effet, les coupons d'inscription a l'atelier avaient été distribués ; pour certains, ils ont été remplis sur place et remis au SPIP (Service Pénitentiaire d'Insertion et de Probation ).

Pour 12 places ouvertes à l'atelier plus de 100 candidatures. Au cours de la rencontre, de nombreuses fois, des remerciements et une reflexion d'un détenu qui me trotte dans la tête : " attention à ne pas vous faire entôler pour complicité d'évasion" à côté de celles plus habituelles comme "j'ai retrouvé mon enfance".... Première rencontre le 4 juillet, premier pas dans un établissement et dans un monde ou tout me semble chamboulé ; premier pas me rendant impatient de la suite, qui viendrait très vite, dès le jeudi 6 juillet et qui en même temps, premiers pas  effrayaient ; premiers pas effrayants. 

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