Difficile d'arriver

Publié le par Cie Les Mille et une Vies

Tous les mardis et jeudis, avec les détenus nous explorons le monde de la marionnette.

Dans la salle polyvalente, 3ème étage, section A, sous les toits, nous nous retrouvons et essayons de faire sens. Mais avant de nous retrouver, il faut franchir les portes. Avant d'arriver à la salle, il  faut montrer patte blanche. Pour moi, l'intervenant extérieur, malgré la méfiance que le personnel de surveillance éprouve, il n'y a pas de difficulté majeure pour arriver devant la salle d'activité. Tout étant relatif, le "pas de difficulté majeure" d'aujourd'hui aurait été bien autre chose hier. L'absence de confiance, tous les jours me révulse un peu plus. Je ne suis pas un enemi. Pour les détenus inscrits, arriver à la salle d'activité est une autre paire de manche....

Depuis le démarrage de l'activité, jamais l'effectif n'a été au complet et cela malgré les drapeaux déposés à la porte des cellules, les listes envoyées aux surveillants d'étages, aux chefs de sécurité, aux chefs de section, listes données en main propre, réenvoyées.... l'effectif n'est jamais complet.... A plusieurs reprise appelant un surveillant pour lui demander de m'envoyer certains des détenus, il m'était répondu que l'un d'eux s'était desisté et la séance suivante le retrouvant et lui demandant d'expliquer son absence, il me disait que la porte de la cellule était resté fermée malgré ses appels.....

La prison est un monde de méfiance. Je demande de la confiance et on me répond qu'il n'y a pas de raison pour qu'on me la donne ; de jour en jour, je prends conscience de cette méfiance, de cette suspicion ; je voudrais leur faire comprendre que je ne suis pas un enemi. Les dix heures d'activités hebdomadaire ne sont pas usées à fomenter une rebellion, evasion, ou autre truc en "ion"  mais bien plutôt pour amener les participants à mieux comprendre notre geste artistique.

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