Une séance émouvante à la Maison d'arrêt de Loos

Publié le par Cie Les Mille et Une Vies, Fabrice

Ce mardi, 7h45 devant la porte de la prison,  j'étais plein de fatigue... des semaines longues, de dix jours qui se succèdent, des montages, des démontages, des représentations et nous ne sommes que deux pour tout faire. Deux à plein temps mais, deux seulement. Une toute petite Compagnie en somme.

Donc fatigué, ce mardi j'étais peut-être moins sensible à l'environnement et plus aux mots et aux marionnettes tenus par les détenus inscrits....

A 8h15, nous étions 8 dans la salle, me comptant dans ces huit, il manquait un des inscrits extrait pour une hospitalisation.... Je lui souhaite un prompte rétablissement

Le temps était  moche, dehors presque le froid, presque la pluie , le dedans, la salle d'activité en devenait plus supportable, surtout un peu moins chaude, à l'atmosphère un peu moins étouffante....

Le matin nous avons donc consacré notre temps à aborder les fondamentaux de manipulation, derrière un castelet de fortune ; entrées, sorties, mouvements de tête et articulation de la bouche ; les voyelles ouvertes et le reste... Ces fondamentaux, j'ai essayé, autant que faire se peut de les appuyer  (en terme de fond) sur les contenus traditionnels de la marionnette, outil de satire sociale.  La forme séparé du fond laisse au goût de vide au fond du coeur. C'est ainsi que s'est faite la lecture du polichinel Précepteur de Duranty. Cette lecture a fait beaucoup rire et les interprètations improvisées-inspirées ensuite des relations entretenues entre père et fils étaient pour certaines désopilantes. Nous avons clos la matinée par un travail à la table sur les contenus qui pourraient être abordés dans le cadre de nos improvisations. La discussion était très intense et chacun voulait faire entendre son idée de l'(in)humanité  et des rapports de pouvoir et de perversion que pouvait colporter la marionnette représentation de l'homme....

Cet atelier et ses fruits, les marionnettes construites et les courtes formes jouées, filmées risquent d'être étonnants, beaux, effrayants.... Nous nous sommes quittés à 11heures en nous souhaitant un bon appêtit.... J'aurais volontiers, si nous avions été à l'extérieur, prolongé l'instant par un repas commun.... mais voilà nous étions dedans....

A 14 heures lorsque nous nous sommes retrouvés, nous avons commencé très vite à travailler. D'abord des exercices sur les manipulations. Encore, des entrées, des sorties, des déplacements ;  "le poids et l'effort" de l'objet. Puis nous avons travaillé sur des monologues improvisés qui permettaient à chacun d'affiner la manipulation de la bouche. Nous avons fini la séance en travaillant sur une "Farce pour Collégien" de Pierre Gripari, "Le Bourricot". D'abord sa lecture puis, deux lisant pendant que deux autres manipulent. L'après-midi est passé très vite et, à peine étions nous entré, qu'il était déjà temps de nous quitter. Nous nous retrouverons jeudi....

Ce mardi en partant de la prison j'étais plein d'energie, moins de fatigue....

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