Après hier, je ne retournerai pas à Loos avant le 17

Publié le par Cie Les Mille et Une Vies, Fabrice

C'est encore une journée forte et erreintante qui a été passée à Loos. Il était prévu, depuis longtemps qu'il n'y aurait pas de séance jeudi 10 août et, ayant peu l'habitude de considérer les dimanches, les samedis et les jours fériés comme des jours d'empêchement, je n'avais pas pris à la juste hauteur de son empêchement pour le 15 août ; en effet, comme pour les week-end, ils est à ce jour  pratiquement impossible d'intervenir en Maison d'arrêt les jours fériés.

Donc hier, c'était tout empreint de ce statut exceptionnel que la séance s'est déroulée. Les improvisations que nous avons faites le matin, après les quelques exercices d'échauffement sont fortes.

Il est toujours très difficile, pour presque tous, de prendre de la distance avec les marionnettes. Ainsi S. n'arrivaient pas à participer à une imlprovisation dans laquelle il était question, sur l'inspiration du texte de Gripari, de vendre sa soeur. Retourné, imprévisible, sur les nerfs, extrèmement sensible, la prison rend l'homme tendu. Je les sens à fleur de peau, fatigué, touché dans leur recoins les plus profonds... Je m'en inquiète ? Ils me rassurent avec leurs mots parfois malhabile et parfois tellement bien choisi.

A.,  d'origine portugaise à découvert la France  avec sa prison. Il était de passage, ne parlait pas français et le voilà là, éloigné des siens, entouré de gens qui parlent une langue qu'il ne comprend pas. Ce milieu le pousse à apprendre vite. A vite faire sienne cette langue étrangère. Beaucoup des participants regrettent le racisme et la discrimination de la France mais, à chaque fois que A. improvise, ils ne peuvent s'empêcher de faire des remarques sur son accent, ses origines portugaise, reproduisant là ce qu'ils repprochent aux autres de leur faire souffrir... Ah l'humanité !!!

C'est juré, c'est promis, je ne laisse plus passer et à partir des prochaines séances, je décortiquerai chaque geste qui me semblera excluant...

L'après-midi, nous avions prévu de travailler à la table et d'écrire ce que nous jouerions ensuite. Nous avons chamboulé notre programme lorsque nous avons appris qu'une journaliste de Nord-Eclair serait là pour faire un papier sur l'atelier. Nous lui avons donné à voir l'état d'avancement de nos improvisations....et, entre deux scènes jouées, elle parlait, posait des questions sur l'atelier, la prison, l'homme qui derrière les barreaux participe à cette exploration marionnettique...

Après la rencontre avec les détenus et la détention, nous l'avons présenté au SPIP et elle a pu échanger avec Michel Magnier Directeur du SPIP, sans langue de bois, il lui a donné quelques éléments de compréhension... Je crois que lorsqu'elle est sortie, elle devait être fatigué, retourné, repères perdus et je me demande ce qu'elle pourra écrire de cette expérience... Son papier devrait paraître jeudi 11 août, édition métropole...

Il faut que j'arrête là, pour aller charger le camion, nous partons à Montigny en Ostrevent, ou deux représentations de Les Aventures de Germain Lenain, doivent être données cet Après-midi...

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