MA Sequedin, de la solidarité à l’indifférence…

Publié le par Cie Les Mille et Une Vies, Dorothée

Lundi 14 août, Maison d’arrêt de Sequedin… Après avoir passé 3 portes « blindées », 5 grilles et un portique de sécurité, le tout sous « l’œil » des caméras, me voilà enfin à la section femmes de la maison d’arrêt ! Oups ! la surveillante a oublié que le lundi matin, les marionnettes prenaient place… On m’invite donc à patienter le temps du retour de promenade. On m’ouvre la salle d’activité. Et puis, on part à la recherche de la liste des inscrites à l’atelier… Quelques minutes plus tard, un surveillant paraît et me demande si je connais le nom des détenues inscrites à l’activité : il ne retrouve plus sa liste ! Je lui donne ce qu’il demande et quelques longues minutes plus tard, je vois enfin arriver le groupe ! Elles sont 6, une septième souhaite s’inscrire, elle y sera autorisée à partir de la prochaine séance !? Ca y’est, nous voilà entre femmes, enfermées dans la salle d’activité ! On ouvre la séance par la lecture de Polichinelle précepteur de Duranty suivi du Bourricot de Gripari. Les rires se font entendre, elles s’amusent, chouette ! Inspirées par les textes lus, marionnettes gainées, les improvisations se suivent et se précisent… Le groupe est dynamique, motivée par cette expérience… Même si la manipulation est encore maladroite (ce qui est naturel ) les idées fusent, l’envie est belle et les femmes aussi  Au centre de toutes leurs improvisations, la relation homme/femme a pris place : le couple et l’amour, le couple et la misère, le couple et l’éducation des enfants, le couple et la trahison… Est ce le fait que je sois moi même une femme qui les amènent à évoquer l’intime ? D’abord par le biais de la marionnette puis de manière plus direct, elles évoqueront sans tabou l’enfermement du corps, l’enfermement des désirs… Privée d’amour…C’est aussi cela la détention… 

Ce groupe de femmes me touche. Elles sont très différentes les unes des autres et pourtant elles sont là, ensemble. Il y a là beaucoup de solidarité en tout cas c’est ce que je ressens. 11H, la porte s’ouvre, la séance est finie… Je repars et repasse portes, grilles, portique…

 

14H15, je suis de retour. Portes, portiques, grilles, caméras… et me voilà à la section B chez les hommes. Un atelier marionnettes ?? On discute, on cherche l’information, on cherche la liste… Ah, voilà un surveillant qui sait de quoi il s’agit mais qui n’a pas de liste… Je lui donne le nom des 2 participants de la semaine dernière et l’informe qu’une nouvelle liste avec le nom des 8 personnes inscrites a dû être éditée par le SPIP. On me demande de patienter le temps du retour de promenade… Je découvre que chaque détenu passe à la fouille au corps avant son retour en cellule… Cela me mets mal à l’aise… 14H45 : Un premier participant arrive (la séance est censée débuter à 14H30 !). On me dit que le second va être amené dans quelques minutes et que la nouvelle liste n’ayant pas été éditée, je n’aurais pas de nouveaux inscrits pour aujourd’hui ! Un surveillant fait de l’humour que je ne comprends pas mais qui ressemble à de la moquerie envers le détenu présent à mes côtés…  Je propose à L. de commencer sur un exercice individuel en attendant que S. arrive. Au final, S. n’arrivera jamais… N’ayant qu’un seul participant, j’adapte le contenu de la séance et en réduis la durée… 16H15, on arrête. Je discute un moment avec L., lui explique que nous ne pourrons continuer dans ces conditions... Je suis en colère car je sais qu’il y avait au moins une trentaine de détenus pré-inscrits à l’atelier… Je ne sais toujours pas à ce jour si le problème de liste est réglé… Je ne sais d’ailleurs pas où se situe exactement le problème. …

La liste des 8 détenus inscrits-sélectionnés sera t-elle enfin éditée pour la 3ème séance ce lundi 22 ?

 

 

 

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