refus d'accès pour dernière séance

Publié le par Dorothée Saint-Maxent

Je reviendrais dans quelques jours sur les séances précédentes non relatées mais pour le moment, voici le récit de ma triste matinée du lundi 2 octobre qui devait être ma dernière séance chez les femmes.

Comme chaque lundi matin depuis début août, je prends la route en cette matinée du 02 octobre en direction de la maison d'arrêt de Sequedin. Dans 20 minutes je serais arrivée, j'entrerais et j'irais en  détention pour mener la dernière séance de cette exploration marionnettique en section femmes.

Mais, en ce 02 octobre, je dois faire face à un imprévu : des travaux routiers ! Me voilà dans l'obligation de suivre la déviation ce qui me mène sur une route inconnue et très très embouteillée. Si les voitures n'avancent pas, l'heure quant à elle avance trop vite, je m'inquiète, m'énerve mais je persévère préférant arriver en retard plutôt que de faire demi-tour ! Bref, après moultes déviations et autres péripéties, j'arrive enfin à la maison d'arrêt. Il est 09H12 !

A ce moment précis, je n'espère que 2 choses : arriver le plus vite en détention sans rencontrer d'obstacles et que mon retard ne remette pas en question la séance d'aujourd'hui.

Oui mais voilà, je n'étais pas au bout de mes peines. A l'entrée, une nouvelle surprise m'attendait, bien pire qu'un souci routier : un refus d'accès en détention avec la caméra ! Face à mon étonnement et mes protestations (la caméra entre depuis le 18 septembre sans aucun problème), le surveillant passe un appel qui lui confirme ma non-autorisation d'entrer avec la caméra ! Je suis sidérée par ce que j'entends, j'ai du mal à y croire. Le surveillant me propose de laisser la caméra dans un casier et d'y aller sans. Impossible pour moi d'accepter cela ! Et puis ça n'a pas de sens !

Depuis le 18 septembre, on fait des prises de vue, la majorité des plans ont été faits, cette dernière séance devait être consacrée à filmer quelques séquences complémentaires et surtout l'ensemble des raccords entre les éléments filmés ! Fabrice et moi avions passé une partie du week-end à préparer le contenu précis de cette séance...  C'est inadmissible... Face à ce refus d'accès, je ne pouvais que me retirer même si je pensais à elles de l'autre côté du mur... Je vous avoue ici que de retour à la voiture mes nerfs ont lachés ! Cris et larmes de colère ont envahi l'habitacle de la 406 ! Je ne trouve pas les mots justes pour exprimer pleinement ma colère et ma désolation.

Au moment où j'écris ces lignes, il est 15H37 et si le calme semble avoir repris place sur mon visage, le sang bouillonne dans mes veines et mes pensées s'entrechoquent dans ma tête... Je pense à elles dedans, pas informées de la situation en tout cas pas encore ( un courier est en chemin). Là, maintenant, après coup, je me dis que une fois calmée j'aurais du revenir sur mes pas et aller en section femmes (sans caméra) pour leur expliquer et aussi leur dire au revoir...

Je regrette fortement que cette expérience ait une fin si violente...

PS : ce texte écrit le 2 octobre n'avait pas été mis en ligne, voilà qui est réparé....

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