liberté, égalité...

Publié le par Fabrice Levy-Hadida

 

Alignées les barres, dedans les hommes... dans les quartiers éloignés.

Par des murs fins séparés, dans des immeubles défraîchis aux parties communes souillées, le "chacun pour soi" fait son chemin. De la vie à crédit, du temps en suspens, c'est le petit épicier du quartier qui fait office de garant du minimum vital lorsque les minima épuisés, il consent l'achat à crédit plutôt que la famine. 

Dans ces quartiers, dans ce quartier, Lille-sud Arbrisseau, les habitants ont le sentiment que l'Etat et la Ville s'éloignent ; c'est vrai, leurs représentants n'y viennent plus, plus que rarement, et lorsque les uniformes s'y rendent, c'est en nombre, pour éviter (provoquer ?) les heurts....

Depuis notre arrivée dans ce lointain monde en février 2005, quartier d'une ville qui se veut en développement, nous n'avons rencontré aucun problème seulement de l'humanité et, même si parfois, dans nos mouvements de solidarité culturels nous rencontrons l'incompréhension (avant le plaisir), dans le regard de nos voisins, nous savons, comme eux, que les dés, nos dés sont pipés.

Et quand nous leur disons de (re)saisir la main, le sourd travail de l'exclusion dont d'autres se nourrissent prend le dessus et leur fait baisser la tête les yeux emplis de larmes de résignation...

Pour d'autres, jeunes encore,  j'ai vu dans leur fierté, l'envie de ne pas se résigner. Et même s'ils doivent en subir les conséquences, ils préfèrent se risquer dans une course à la limite de la légalité dont ils savent qu'ils ne sortiront pas indemnes, plutôt qu'accepter et laisser "béton"...

Ils savent, je sais, nous savons, c'est eux, ceux de ces quartiers qui remplissent nos prisons... C'est le jeu, c'est comme ça...

Et nous, Théâtre de Marionnettes itinérant, en travaillant là, petit à petit, nous devenons avec eux exclus, ils deviennent notre famille de misère...

liberté, égalité et quoi fraternité encore ?

Commenter cet article