le temps maussade, gris au dela de la façade

Publié le par Fabrice Levy-Hadida

Les nuits arrivent plus vite et le temps est toujours plus compressé. Aujourd'hui rares sont les sourires sur les visages ; dans le quartier du sud de Lille, dans un coin nommé arbrisseau, malgré les vacances, l'espoir a du mal à se frayer un passage sur les visages.

Peaux basanés, corps tendus dans l'attente imminente de quoi ? Un conflit, une bataille encore ? Entre les immeubles, ceux que la presse appelle "les jeunes des banlieues" se construisent un fragile espace de liberté. Sombres et pisseuses, les allées grondent de l'impatience de tant de vies foulées, violentées. Qui croire encore aujourd'hui ?

Où sont donc passées leurs maisons ? Celle d'un autre temps, de la jeunesse, de la culture ? Où sont passés ces lieux qui devaient réunir avec l'aide de l'éducation populaire toutes les populations, toutes les générations ? Rêves fous d'hommes dépassés..

Enfermé dans un quotidien au dessus duquel "le ciel, bas et lourd couvre comme un couvercle..." on se dit que peut-être l'orage, l'averse, l'éclair finiront de vider les tensions ; et qu'ensuite, apaisés, les hommes pourront reprendre leur chemin mais après, on se souvient que l'orage ne change rien, qu'une fois les larmes séchées, la vérité de l'absence de chemin reprendra le dessus...

Cela fait plus de deux semaines que les ateliers en Maison d'Arrêt se sont terminés brutalement et je prendrais le temps plus tard, quand  les mots s'imposeront, d'expliquer dans le détail ce qui s'est passé, ce que j'en ai compris... Plus tard je prendrais les mots.

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