surchargées dans le bureau et l'atelier les tables...

Publié le par Fabrice Levy-Hadida

Créer des spectacles, construire des marionnettes, des objets, des éléments de décors, financer ces projets, développer des publics, rencontrer et transférer...

Mes tables sont surchargées. 

Dans l'atelier, des morceaux de tout et de rien trainent partout, ces tous et riens qui feront mes spectacles fruits de récupérations et d'achats ciblés.

Dans le bureau c'est pareil, entre les ordinateurs, scanners et imprimantes, les dossiers en cours, administratif et comptable, social et fiscal tout se mélange, s'empile et babille et,  lorsque le soir venu, la journée finie, nous fermons les locaux...
les objets et les papiers se rencontrent et dansent dans ma tête... mal de caboche...pas sur la tête, j't'avais dit, pas sur la tête...

Avant, il n'y a pas si longtemps que ça, mes ateliers et buraux étaient indissociables de mon espace de vie ; peut-être parce que j'ai vieilli, atelier et bureau se trouvent maintenant à deux kilomètres de mon domicile. Ce qui ne m'empêche pas lorsque je quitte l'espace professionnel d'y rester par la pensée ou alors d'en emporter avec moi un morceau plus ou moins gros, plus ou moins lourd...

Cette table là, sur la photographie, il y en a dessus, encore au dessus du dessus et en dessous. Dans l'atelier, salle de répétition, j'ai même écarté les dalles de faux plafond pour profiter de la structure alluminium et créer un espace castelet de travail. Dans le bureau c'est pareil, trois étages d'étagères au dessus de chacun de mes plans de travail, un étage en dessous pour les paperasses, périphériques et autres objets encombrants de ma part administrative et parfois je me demande combien aujourd'hui il me faudrait d'espace si tout au long de mon histoire de créateur je n'avais pas aussi souvent recommencé en laissant derrière moi une grosse partie de mon passé...

Aujourd'hui que je vieillis, certains des objets, livres et paperasses que j'ai abandonnés, prospectus, affiches et marionnettes laissées au bord de la route, sacs poubelles et déchets c'est avec mélancolie que j'y repense. La mélancolie participe ensuite à leur donner une valeur que leur possession n'autoriserait peut-être pas parce que c'est ce que nous n'avons pas que nous désirons le plus...
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