des questions pour métier..

Publié le par Fabrice Levy-Hadida

Des mots, des mots et des objets, des mots et des marionnettes. J'ai construit mon métier de manière empirique. Je construis mes spectacles de la même manière. Le temps dans cette histoire est primordial. Il a été par ailleurs, le temps,  au centre de certains de mes spectacles. Son étirement, sa durée, la peur et les incompréhensions qui l'accompagnent, la mort qui le solde devenant le centre....
La marionnette, l'objet est, pour la représentation du temps et de l'ephémère un outil fantastique. De quel acteur pourrais-je, comme de la poupée, suspendre le pas, étirer la durée.... La marionnette est un acteur extraordinnaire pour peu que derrière elle, se meuve un homme extraordinaire.
J'ai appris seul ce métier là, cette multiplicité de tâches qui le compose ; j'y ai vu une aubaine ; dedans j'ai trouvé la joie, les doutes, parfois de petites réponses, la satisfaction de me sentir à ma place.
C'est le temps plus qu'autre chose qui a fait mon métier ; ma patience et mon obstination sont une force qui ont construit plus que tout autre chose, mon savoir. Creuser, dans la même direction creuser. Le sens c'est dans la profondeur qu'il se trouve.
Souvent j'ai construit dans l'urgence mes spectacles. Ayant besoin que le rapport au public  soit renforcé par la fragilité des constructions ; mon style s'est construit dans les coutures visibles. Les parties du travail que d'autres s'evertuaient à cacher, la main sous la poupée, pouvaient devenir visible et participer à renforcer ce à quoi le spectateur assistait. Au début je construisais mes spectacles comme des céremonies. Je ne le savais pas à l'époque, le rituel m'habitait.
Aujourd'hui j'ai besoin de plus de temps pour faire paraître et l'urgence est un exercice difficile et erreintant. Si les squelettes de mes objets, sont encore visibles, ils peuvent aussi disparaître, le temps d'une illusion.
Dans la chambre, cette chose là doit être centrale ; cette capacité d'illusion et de rupture doit être au centre de ce spectacle ; j'espère seulement que l'absence de moyen dans laquelle je construis ce projet ne le rendra pas aigre...et que j'arriverai à trouver la façon de dire l'enfance de Zette....

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