trois semaines avant la première sortie de l'etape sans le sou...

Publié le par Fabrice Levy-Hadida

Cela fait deux semaine ; deux semaines que nous ne travaillons qu'à construire des dossiers ; pas de temps pour l'étape 0 de la chambre (de Zette). Pas de construction d'objets, de marionnetts, pas de répétitions ; en ce moment on ne vit pas la partie la plus artistique de notre métier...

Entre deux rendez-vous, nous écrivons, dressons des tableaux, bilan des activités, présentation de projets, analyse des spécificités, éléments de prospectives, développement économique, emploi et tout ça, tout ce travail pour... On verra bien plus tard. 
L'année dernière, toutes nos demandes d'aide à la création, celles que nous travaillons à (re)présenter aujourd’hui, étaient sans ménagement rejetées par la le Ministère de la Culture, Drac, par le Conseil Régional, le Département du Pas de Calais, les unes après les autres rejetées alors que, par ailleurs, certaines de nos actions étaient soutenues par ces mêmes partenaires....
A la fin de l'été, sur les rotules, courrier après courrier, quand le dernier m'était arrivé, j'en avais presque pleuré (ce papier date de ce moment la..) ; tellement dégoutté que je croyais à l’époque que nous ne solliciterions plus ces partenaires et il a fallu toute la conviction de Dorothée pour que nous le fassions…

Fierté, fatigue, perte de temps, d'énergie et d'argent me disant, à ce moment là, que nous vivions sans leurs sous, rien ne nous empêchait de continuer ainsi, de continuer de vivre de notre travail, des ventes de spectacles, d'actions de sensibilisation avec beaucoup de volonté, de l’austérité et tant de public…

Mais voilà, Dorothée a réussi à me convaincre que leurs sous, ceux de la politique culturelle sont aussi les nôtres, que nos actions pouvaient avoir les moyens de nos ambitions…

Alors, nous avons décidé d'encore cette année déposer des demandes ; d’encore cette année investir du temps et de la sueur  ; pour à terme nous permettre de travailler à la création dans des meilleures conditions, un peu plus confortables et si, les experts et autres techniciens décident encore une fois de nous débouter (pour des raisons obscures entre (il)légitimé artistique et absence de viabilité économique non encore précisément explicitées), alors...
La Cie Les Mille et une Vies, c'est la troisième et dernière compagnie que je monte ; les précédentes structures c'était Les Petites affaires, de 1988 à 1992 puis Les Petites Vies de 1992 à 1998. Les Mille et une Vies, son projet est ce qu'il est grâce à ce parcours, ce passé ; je le sais juste parce que le temps légitime, fait grandir.
Un projet artistiquement et socialement juste. Art et société intimement liés ; outil politique, spectacle et éducation populaire.
Les Mille et une Vies, je pourrais dire que c'est l'aboutissement de mon parcours mais ce n'est pas ça parce que Les Mille et une Vies, c'est le commencement. Travaillant d'arrache pied à amener notre théâtre de marionnettes itinérant au plus près, nous nous réapproprions une ancienne tradition et la route que nous découvrons devant nous, même si elle est chaotique, est aussi étonnamment belle ; en 2006, dans les quartiers, les petites communes, les prisons, loins des scènes des temples de la culture, nous avons touché plus de 8000 spectateurs et un peu moins de 1000 personnes ont suivi nos actions de sensibilisation alors si en 2007 ils nous déboutent encore, technicien ou autre expert nous pourrons…
mais cela, c’est une autre histoire que nous construirons plus tard…

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