la pierre et la permanence

Publié le par Fabrice Levy-Hadida

La pierre est au bord de la route, le temps la travaille sans que la pierre s'en soucie ... Je parlais ici de l'intermittence et du choix que nous avons fait d'opter pour la permanence  ; hier, levant le volet après être arrivé au bureau,  un jeune gars, capuche et survêtement m'interpelle et nous entrons dans une conversation autour de l'absence de travail qui le taraude et dont, il ne désespère pas de trouver la voie ; Aznar, c'est son nom, n'y croit pas mais aussi, ne veut pas ne plus y croire, ne veut pas, malgré les signes récurrent accepter et baisser les bras, pas encore.  Quand je lui parle du  recrutement que nous voulons lancer en février pour 2 postes 3/4 temps (1 technique et 1 secrétariat administratif) il me dit qu'il est intéressé et qu'il me donnera son CV, une lettre de motivation et tout le toutim. Aujourd'hui, il ne l'a toujours pas déposé et je suis sur qu'il l'aura fait bientôt ; dans la création de ces postes, on a envie de penser qu'il est possible, pour une structure comme la nôtre, petite et humaine, d'utiliser le déterminisme et l'envie mais aussi, étrangement la désespérance comme de véritables moteurs. Il s'agira ensuite d'avoir l'intelligence et les moyens d'assortir ces postes d'un volet formation suffisamment conséquent pour qu'ils puissent devenir les salariés actifs et acteurs que nous attendons qu'ils soient. Notre structure, son fonctionnement, les territoires sur lesquels elle a choisi de travailler sont tellement différents des habitudes du réseau culturel, que nous ne pouvons imaginer  passer par les rails de recrutement traditionnels. Bien entendu, nous ouvrirons l’offre du plus vaste au plus près ; bien sûr nous aurons des entretiens, parlerons avec les candidats étudierons les CV et lettre de motivation ; pour la forme générale, nous ferons comme toute structure dont la viabilité dépend de l'implication de ses salariés le ferait mais, dans ces entretiens nous chercherons aussi autre chose qu'une capacité immédiate de répondre à notre besoin et si au préalable nous aurons identifiés les pré-requis minima pour occuper ces postes,  ce que nous chercherons se situera au delà des qualifications habituelles du milieu…
Lorsque j’y pense, j’ai un peu peur du saut que nous allons faire ; parce que développer l’équipe et accueillir deux nouveaux permanents équivaudra à changer fondamentalement la géographie de cette entreprise à taille humaine ; quoiqu’il en soit, malgré la peur, je sais que notre développement devra passer par l’amélioration du milieu dans lequel nous vivons alors, même si le recrutement n’est pas encore fait, que les dés ne sont pas encore lancés, je ne peux nier que les candidatures de Soliman ou Aznar, de Leïla ou des autres malgré les difficultés qu’elles représentent, je les regarderais avec une plus grande bienveillance

La pierre est au bord de la route…

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