De retour au bureau

Publié le par Fabrice Levy-Hadida

Depuis plusieurs semaines on devrait travailler à la sortie de "l'étape sans-le-sou" de la chambre (de Zette) et on fait tout et beaucoup sauf se concentrer à cette création.... Dossiers et prévisions, bilans et développements, la paperasse m'empêche de fermer sur moi les portes de l'atelier et, face à la feuille ou à la matière en construction de m'embarquer dans le bateau de la création... Marionnettes, castelet, objets et spectacles que fais-je de mes mains ? L'avenir s'annonce laborieux, et je remets au premier trimestre la sortie de l'étape 0 qui pour le coup, par ailleurs ne sera plus "sans-le-sou"... Pour les représentations prévues à Wingles les 21 et 22 décembre prochain, nos rapports avec la Ville sont suffisamment bons pour qu'ils comprennent et acceptent d'accueillir le presque vieux Germain Lenain, Polichinelle des cités comme l'appelle Christian Chabaud...
C'est pour cela donc, que je n'ai plus mis d'images de cette création en cours.... On reprendra en janvier, après 10 jours de pause, vacances...
Aujourd'hui, gris et pluvieux le temps ; je ruminais en marchant au milieu des gouttes contre cette ville et cette métropole incapables de rendre mon lieu de travail plus accessible par les transports en commun. A pied, d'un pas vif et constant, il me faut environ 35 minutes pour arriver au bureau et lorsque je prends métro, puis bus, puis mes jambes, il me faut environ 40 minutes ; c'est bien représentatif de la réalité de ce quartier de Lille-Sud, secteur arbrisseau, dans lequel on a posé nos locaux....Dans ce quartier, soit, tu as une voiture soit tu poireautes mais si t'as une voiture, il arrive qu'elle brûle...
Le soir, quand je rentre, si je veux attraper un bus, il faut que je parte avant 18h30 et comme souvent, ce n'est pas possible alors, jusqu'au métro à pied...et je n'y vis pas dans ce quartier, je n'y vis pas à temps plein ; je n'y viens que pour travailler. Pour les habitants ce doit être plus difficile ; se sentir exclu même par les transports en commun ; vous me direz, la jeunesse a des jambes et pour les personnes âgées, elles ne sortent pas le soir... vraiment, faut que ça change...Ce matin mon fils, alors que je l'accompagnais à l'école révisait quelques mots invariables : après, hier, demain...
Gris et pluvieux le temps, peut-être maussade dedans, le regard sur la ville et la vie aujourd'hui se remplit, le regard, de grisaille ; entre les gouttes tu cours mais elle te touchent et te mouillent ; gris et triste le quartier.  C'est un lundi matin d'hiver, des sirènes au loin (depuis quelques temps, les sirènes elles sont presque toujours là), un chien au loin aussi, qui aboie ; on dirait la campagne avec du vide entre les vies, mais ce quartier ce n'est pas la campagne ; c'est une partie de la ville retirée du monde.

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