au revoir André Riquier, salut dédé...

Publié le par Fabrice Levy-Hadida

Du vide et du silence ; du blanc entre les mots, des mots blancs, grisaille et pluie fine qui griffe le visage ; un ami est mort ; un ami que je ne voyais plus ; ami dont j'avais perdu le contact, ami d'un jour, ami de toujours, au revoir Dédé. Quand je l'avais rencontré, André Riquier, lui et sa Deuxième compagnie des montagnes scabreuses, à Nice, c'était en 1984-85. Très vite j'avais commencé à travailler avec lui, avec eux. Faisant les lumières sur le Hamlet-Tango qu'il avait monté avec Marie-Jeanne Laurent et inspiré de textes de Laforgue puis, comédien dans Outrage au public de P. Handke et enfin dans Les Aveuges de M. Maeterlinck...
Lentement ensuite on s'est perdu de vue, lui parti au vietnam et moi, quittant Nice pour Lille...; Par la suite on s'est recroisé de loin en loin ; il y a un an environ je lui passais un coup de fil de Lille à la Bollène Vésubie ; on s'était dit qu'il faudrait qu'on se revoie et puis, le temps, à chaque fois que je suis passé dans le sud, je n'en ai pas eu, pas pris....
Ce qui me reste de la rencontre avec Dédé c'est la proximité, sans  étude j'avais adopté la voie théâtrale et lui m'avait accueilli, ouvert les bras et de mots noirs en nuits blanches, je me souviens, qu'à l'époque, ils s'agissait encore de refaire le monde, il m'avait aidé à me construire, à me faire tel que je suis....
Lorsque hier soir, un autre ami niçois, Cico m'appelle et m'annonce le départ de Dédé, c'est tout ce passé qui me revient, ces instants partagés, cette amitié, autour de l'accordéon et de chansons engagées dans son Lézard triste avec la nuit, à l'époque qui ne s'arrêtait pas à l'heure de la fermeture. Ces heures passées ensemble, école de la vie, à comprendre ce que j'étais et cette tristesse à l'heure de son départ. Maintenant qu'il est parti André, je me rends compte qu'on s'était perdu de vue, mais qu'il était là, et que la prochaine fois que je descendrais à Nice, je prendrais, en son honneur, à sa mémoire le temps de faire le tour de ces vieilles amitiés...
A toi, Dédé, je souhaite un bon voyage, un bon repos ou, quoiqu'il advienne après qu'on cane que le chemin pris soit le meilleur et accompagnant les mots de vian, la voix de régiani, la musique de (?) et adapté je chante,  l'heure du vent ton crâne, du vert sur les os, a sonné et si on croit qu'tu ricanes c'est qu'tu sais avoir bien été... bon vent...

Publié dans Autre inclassable

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