le blog un outil, pas de communication

Publié le par Fabrice Levy-Hadida

Le temps me manque pour tenir ce blog, et ne pas tenir ce journal me manque. Ce double manque me travaille. Depuis que j'ai commencé de tenir cette chronique de la vie ordinaire de la Cie Les Mille et une Vies, elle a évolué, et, j'ai trouvé ma place en elle. Par ailleurs les statistiques de consultations me confortent dans l'idée que j'ai trouvé là l'outil idéal, espace d'ouverture et d'information, dont  cet art de la marionnette de la proximité que nous pratiquons manque, manquait jusque là.
Beaucoup de "manque" pour commencer ce texte ? Oui ! Quand nous travaillons sur des territoires éloignés des réseaux culturels traditionnels, il est difficile d'intéresser les réseaux permettant la visibilité d'un projet artistique. La presse, pour ne nommer qu'elle est peu curieuse. L'espace consacré aux projets artistique dans les colonnes de journaux s'est avec le temps réduit considérablement ; il est rare de voir de nouvelles rubriques paraître.
Dans son édition du dimanche-lundi Le Monde donne une lecture de l'art dans ses aspects financiers ; valeur de l'art et défiscalisation, côtes et dé-côtes de certaines oeuvres. C'est représentatif de l'époque dans laquelle nous vivons. Mais si l'art à une valeur monétaire il a d'autres valeurs qui participent de la construction humaine mais celles là sont moins importantes pour les rédactions... Lorsque nous jouions dans un petit Théâtre Parisien (exception à  notre itinérance) je rencontrais un journaliste pigiste de Télérama qui me disait combien il était difficile de faire entendre à sa rédaction l'intérêt de l'art de la Marionnette et si, il était difficile de faire passer un papier sur un spectacle de Théâtre cela relevait de la gageure de vouloir faire passer un papier sur un spectacle de marionnettes ou alors fallait-il que cela soit pour défendre un évènement, un festival... Les frontières qui séparait journalisme et communication sont définitivement abolies quand il s'agit de spectacle vivant (Pour la politique c'est pas mieux....).
Dans notre époque, il reste encore des exceptions. Quelques obstinés derrières les commandes de bateaux en perditions qui continuent de regarder et d'analyser les faiseurs de notre temps. Mais ils sont de plus en plus rares les Cassandre, les Mouvements...
Malheureusement même les "irréductibles gaulois" sont aussi tenus de faire des choix qui les amènent parfois hors des chemins qui devraient être les leurs, autoroute sur laquelle tout le monde fonce et qui le temps d'un article, parfois plus, devient la leur aussi.
Oui, il semblerait que la presse a en partie perdu sa capacité d'analyse de projet culturel, de critique artistique, elle devient un outil de communication et lorsque nous lui parlons de fond, de politique artistique, elle perd sa langue.
Nous en sommes donc arrivés, dans le cadre de nos projets, avec la compréhension que nous a amené le temps, à consacrer très peu de temps à sensibiliser les gens de presse et, lorsqu'ils parlent de nous, c'est lorsqu'ils le souhaitent et que nous acceptons leur invitation, ce qui est de plus en plus rare....
Il est vrai que notre "cible public", pour parler comme l'époque, ne lit pas les journaux, s'intéresse peu à l'actualité et en général est plus préoccupée par ses réalités quotidiennes ; lorsque nous voulons la toucher, "notre cible public", nous devons aller à son contact, descendre du soit-disant piédestal sur lequel l'artiste devrait se tenir, la prendre par la main pour qu'elle emprunte notre chemin et découvre notre talent de "faiseur".
C'est pour ces raisons que cette chronique, ce blog me sont devenus nécessaires et c'est pour ces raisons encore, que lorsque comme en ce moment, le temps me manque pour écrire, que je suis désolé. Parce ces pages me permettent de dire ce que nous faisons, ce que nous sommes. Sans réduction (parce que le lecteur ne comprendrait pas) sans contraintes (parce que l'article est en page 4 entre la publicité pour Xi-tu-mas-vu et un papier sur Nicula Sorkimi) et amener certains des lecteurs de la presse à découvrir sans la presse nos contenus.
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