les voitures et les votes noirs

Publié le par Fabrice Levy-Hadida

Quartier Lille-sud, secteur dit de l'arbrisseau. Mot après mot ; le temps se gâte, puis viendra le soleil à nouveau ? Dehors, aujourd'hui le froid a repris le dessus et les gens pressés, courrent vers leurs occupations. Les voitures brûlent, les gens se fâchent contre les ados, et jeunes adultes qui traînent dans les entrées d'immeuble. L'heure de la solidarité est terminée, la méfiance à pris le pas, chacun s'épie, beaucoup ont peur.
Il y a quelques jours, nous Cie Les Mille et une Vies, en tant que locataires de Lille Métropole Habitat, nous recevions une lettre de son Président, A.C. qui se désolait des incendies de voitures et plus particulièrement des 17 voitures brulées la nuit de Noël sur le parking de la Cité des Brouteux.
Je m'étais dit que je n'en parlerais plus ; de ces traces noires et odoriférantes des quatre roues parties en fumée. Et puis voilà que ça me reprend. Ce matin, remontant la rue de Cannes, un camion, enlevait l'épave d'une autre quatre roue. Brûlée deux jours plus tôt. Celle-là, ils auraient pu l'éviter ? Avant d'être alumée-barbecuté, elle avait été abandonnée là, vitre arrière cassée par des voleurs qui avaient du l'utiliser pour un rodéo. Cela faisait plusieurs semaines. Peut-être deux. La police avait collé un papier sur une des vitres ; avertissement avant fourrière. Puis vendredi, lorsque je repassais devant elle, elle n'était que plastique et ferraille carbonisés.
Ca me reprend, la peur de voir débouler, après les eléctions, un pouvoir violent qui détruise les libertés chèrement acquises. Et des signes sont là. La peur grimpe partout. Pourtant dedans je garde le sentiment que certaines des violences qui pourrait pousser à un vote de réaction extrême pourraient être évités ; mais c'est la parano, la théorie du complot... et puis quoi... Ces pensées noires qui ne doivent pas nous empêcher de continuer. Oui, nous devons continuer et travailler, participer au changement et donner au voisin, celui qui en a besoin, notre savoir faire. Oui, nous devons continuer de croire que cela n'est pas vain, que nous ne sommes pas déjà vaincu. Nous devons occuper le terrain, le travailler au corps. Les dés sont pipés, il y a urgence, ça va mal, il ne faut pas que cela soit pire demain...

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