création, on y arrive...

Publié le par Fabrice Levy-Hadida

Si en 2006, défaillance et transformation, petits empêchements et recentrages, on a été empêché de mettre en route la création de La chambre (de Zette), en 2007 ce n'est pas le cas. Entre un apport en production de l'agglomération Artois Comm. et un carnet de diffusion qui se remplit à grande vitesse (déjà plus d'une trentaine de représentations prévues de la création, en tout entre Germain et Zette plus de soixante représentations vendues) nous sommes aujourd'hui assurés de cré(héhé)er ce nouveau spectacle. Quatre mois de résidence de création planifiés dans une petite ville du bassin minier, Marles Les Mines, nous permettrons de sortir la forme de jardin dès cet été puis la forme salle à partir de novembre. La création de La chambre (de Zette) s'annonce bien. Pour les soutiens institutionnels, DRAC, Conseil Régional et autre, nous verrons plus tard....
Pour cette réalisation, j'ai commencé aussi de constituer l'équipe mais il me manque encore une doublure manipulation parce que mettant en scène, je veux être complétement extérieur pendant les répétitions. Pour la scénographie, François Lestrade qui avait travaillé avec nous sur la création de Seul(s) nous rejoint. Et, Vicent Schmitt devrait s'occuper de la technique ; j'attends sa réponse.
Pour François Lestrade, sur cette création, je voudrais pour la première fois de ma vie de créateur, lui réserver une place de collaborateur de construction à part entière. Mon métier de marionnettiste je l'ai appris dans le "tout-faire" et je le "kiffe" pour cela ; il me permet de réunir mon écriture textuelle et scènique, la construction, l'articulation des mots et de l'oeuvre plastique. Avec le temps, j'ai même appris à apprécier les aspects administratifs de mon métier ; ils me rendent plus pragmatique et conscient de l'environnement dans lequel je créée.
A François, dont j'apprécie le travail, je voudrais donc demander de s'approprier ma création et de compléter mon théâtre d'images et de mots par sa personnalité. Faire grandir en somme ce projet en complétant mon regard. Mais pour lui permettre de se concentrer sur ce travail, il faut que je réussisse à casser la logique de passage d'un projet à un autre (saut de puce?) que le régime de l'intermittence lui impose. En effet, François, comme beaucoup d'autres se voit contraint de courir après les heures de travail ce qui au final détruit un bonne part de sa créativité, de sa concentration ; cela j'en suis persuadé.... Pour nous, il s'agira donc de lui apporter une sécurité temporaire (c'est étrange d'écrire côte à côte ces mots) qui lui permettra d'être tout entier avec nous pendant le temps de la création. Ensuite je voudrais trouver un système de rémunération à long terme (je lui en parlais déjà lors de la création de Seul(s)) qui lui permettent de continuer à percevoir des droits, pendant le temps de vie de ce spectacle.
Le monde du spectacle vivant contemporain est bien étrange. Il râle contre la précarité mais, ne tente pas de la casser ou de transformer, au fil du temps, cette précarité. Si la création contemporaine française vit une époque tourmentée, ne devons-nous pas transformer nos pratiques pour qu'un demain existe ?  Si les hommes qui sont au coeur de la création ne changent pas leurs pratiques alors, de la lamentation, nous passerons au cris et larmes puis au vide. Il n'est plus temps de remettre à demain nos transformations, tout va plus vite aujourd'hui, changeons et le monde changera.
Si aujourd'hui le temps commence à nous donner raison ; dans la course que nous avons commencé de courir, il s'agit de ne pas s'arrêter et de continuer sur une voie qui, de chemins différents en routes saccagées nous permet, dans la rencontre avec le public de renforcer notre place et de planter les graines d'un avenir encore possible. Le castelet et nos formes autonomes ne sont pas pour rien dans notre réussite mais, si nous ne voulions que seuls, égoïstes profiter des fruits de notre travail, alors très vite, j'en suis sûr, c'est fruits pourris que nous devrions déguster.

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