les sirènes des voitures de police sont omniprésentes...

Publié le par Fabrice Levy-Hadida

Les sirènes et les uniformes. Au quotidien, je ne crois pas à une autre époque de ma vie, avoir autant croisés d'agents en uniforme de la force publique que ces derniers temps. Et ces derniers temps donc commencent à être long. Dans le métro, dans la rue, de la fenêtre de la maison, enfermé dans le bureau, la présence policière semble être partout. Et partout on parle d'insécurité. Les radios, les journaux télévisés, les quotidiens papier achetés ceux, à l'entrée du métro gratuitement distribués, les autres encore...
Je commence à le trouver long ce temps de l'insécurité éléctoral. Avec au centre des préoccupations de moins en moins de fond et de plus en plus de forme musclée. Dans le quartier de l'arbrisseau, depuis le début de l'année un collège flambant neuf a été inauguré. Les locaux précédents d'une emprise au sol, à vue d'oeil,  de plus de 500 mètres carrés, datant des années 70 (à odeur de nez) ont été abandonnés, attendant la démolition, réalisation que des urbanistes, concentrés à le conception du nouveau quartier de l'arbrisseau, ont tracés sur le papier sans prendre en compte le temps présent, le besoin de logement, l'hiver froid, ceux sans abri....
Depuis que le nouveau collège a été inauguré, chaque matin passant devant l'ancien, laissé à l'abandon, je regarde son arrogante présence en pensant à l'argent dépensé, aux manque de prévision des donneurs d'ordre et de l'utilité que ce batiment pourrait avoir avant qu'il ne soit détruit. Mais ce n'est que rêves ou cauchemars qui me hantent et lorsque passée la porte du bureau, j'essaie vite de les oublier jusqu'à ce que finie la journée je repasse devant le batiment et qu'ils me reprennent dans leur tourbillon.
Il y a quelques jours en arrivant, je croisais les forces de police en intervention ; des casseurs de vitre, et autres fauteurs de troubles, jetteurs de chaise par les fenêtres des salles de classe vidées de vie, s'étaient fait une joie de prendre pour cible. Ce batiment, devenant enseigne de la dépense mal géré, des prévisions à court terme qui endettent, dans un quartiers ou l'habitat est parfois insalubre, pouvait le temps d'une après-midi devenir un terrain de jeu ou de chasse plutôt que rien...Chat et souris dans la cour du collège...
Dans ce quartier ou la pauvreté n'est pas un mot abstrait, ou l'absence d'espace public ouvre chaque jour de nouveaux espaces de misère, laisser abandonné un batiment comme celui là équivaut à démontrer ce que les prêches politiques tentent de nier...A notre époque, on se soucie peu de celui qui n'a rien...Quand il se tait, tout va bien et, quand ilcrie et qu'on ne sait plus la calmer, les uniformes le bouclent. En notre époque celui qui a peut dépenser, sans compter, et pour ceux qui ne peuvent pas jouer ce jeu, ils doivent silencieusement regarder, à  la limite désirer mais surtout ne pas bouger... et si d'aventure il se décidaient (ceux qui n'ont pas) à faire remarquer à ceux qui dépensent l'abbération alors gare...

Commenter cet article