une compagnie de marionnettes à Marles-les-Mines

Publié le par Fabrice Levy-Hadida

En ce moment on visite les territoires, on prépare les premières interventions, je suis en ébullition mais c'est passionnant. Mercredi et vendredi dernier nous étions à Marles-Les-Mines. Nous visitions les salles que la Ville pouvait imaginer mettre à notre disposition pour accueillir nos résidences de création. Ancien site minier ou salle paroissiale, le choix s'est au final arrêté sur une salle d'activités dans une école. Pendant quatre mois cette salle deviendra un Théâtre de Marionnettes ou, en parallèle de notre recherche de création, on proposera des rencontres, de courtes sensibilisations, des répétitions publique, des avant-premières....
La première résidence commence le 21 avril, il nous reste encore un peu de temps pour préparer notre présence sur le territoire du bassin minier mais d'ici là, à Wingles, ou on a commencé un partenariat en 2006, on aura démarré ateliers et rencontres.
C'est une année folle qui acommencé, je le disais plus tôt mais, jour après jour je le comprends un peu plus. Dans ces temps frénétiques, une de mes plus grande difficulté est de consacrer du temps à l'écriture, de ce blog, du texte de La Chambre (de Zette) mais, pour l'instant je ne veux pas m'inquiéter. Je me remplis de ces paysages, de ces rencontres, de ces humanités et quand il me faudra les poser sur papier, je suis sûr que ces moments de vie recomposeront le puzzle du spectacle.
Quand on est sur la route, en arrivant à Marles-les-Mines, c'est ce terril qu'on voit, cette petite montagne construites sur le dos des hommes souffrant. Très vite j'ai oublié, concentré aux visites mais, la première chose que j'avais imaginé-vu c'était les gueules goudronnées-cassées. Quand on visitait un des lieux potentiels, musée construit autour de la roue tirant l'ascenseur, le silence était plein des craquements métalliques, et derrière mes yeux, j'ai imaginé l'activité, les gens qui descendaient, ceux qui remontaient, j'ai imaginé le pire et j'ai pensé au meilleur... Les familles et les amitiés, la pauvreté... Et puis dedans, dans ma tête, alors que nous continuions la visite, les bruits restaient en moi, et les questionnements se taillaient une belle place dans mes pensées ;  comment peut on respecter cette chose qui a détruit autant, construire un musée autour du temps béni ou les hommes travaillaient dans des conditions inhumaines. Je me suis demandé si c'était le travail qui était à l'honneur  et je me suis dit que ce n'était pas ça. Ces endroits restent  la mémoire de ces hommes, femmes, enfants, du courage de ces hommes qui dans des conditions difficiles, exploités, travaillait pour survivre et que le temps leur devait bien ça....
Cette année, entre Wingles et Marles-les-Mines dans de nombreuses autres villes de L'agglomération Artois Comm. territoire dit du Bassin Minier, nous rencontrerons cette mémoire et je sais maintenant, après ces visites, après ces rencontres, après ces impressions, que le spectacle, créé à cet endroit se remplira d'elle aussi, sera plein de cette mémoire là ; que La chambre (de Zette) sera pleine de cela aussi....

Commenter cet article