les mots des dimanches noirs, marionnettes et ficelles, qui sont-ils les manipulateurs ?

Publié le par Fabrice Levy-Hadida

Des mots, vite, il faut que je mette des mots. Des mots à côté de l'aventure professionnelle et palpitante que nous vivons. Des mots, étayant les gris de la vie. Des mots du dimanche, noirs. Mes contrastes se déplacent. Avec les jours qui passent, regardant le temps, lecture de journaux, informé sur le fil de la toile, mon inquiétude grandit. Nous vivons de bien étranges jours qui donnent le sentiment que le libertés se réduisent. Ils nous disent que les caméras se multiplient mais que nous ne sommes pas épiés. Ils nous disent que les libertés ne se réduisent pas, que la censure qui pointe le bout de son nez n'est pas censure... Les arguments qui sont donnés pour  que nous acceptions cela c'est le bien commun, le bien humain, la santé, la défense des intérêts collectifs,  ceux de corporations... Les uns jugent les autres, cela a toujours été ainsi ? Les uns protègent les autres, les uns écrasent les autres, cela a toujours été ainsi ? On monte les uns contre les autres et on compte les points ; cela a toujours été ainsi ? Ils doivent s'amuser les manipulateurs de ce spectacle de la vie, à regarder les hommes se prendre au jeu, s'emmêler les pattes dans la danse liberticide. Ils ne se rendent pas compte, ces danseurs et autres poupées un temps animées de ce qu'ils perdent, de ce qu'ils vont perdre, de ce qu'ils ont déjà perdu.
Et puis des lois viennent parce que les uns ne s'occupent que d'eux même. Protégeons les journalistes, empêchons le citoyen d'informer, puis nous empêcherons le journaliste, ou alors l'est-il déjà, empêché le journaliste. Protégeons l'auteur, protégeons l'interprète, protégeons... nos intérêts... Empêchons de dire mal, de faire mal, de juger mal, de penser mal, de jouer mal, de vivre mal, de mourir mal, de courrir mal, de s'aimer mal, de croire mal, d'être mal ...
Avant cela on a vu paraître à la télévision, le juge des hommes règlant les affaires que la justice ne règle pas. Juge devant ses frères. Juge au dessus de ses frères, dieu parmi les hommes. Et puis on a vu ces jours derniers, mais cela n'est pas nouveau, des juge jugeant ces dieux, se trouver face dans l'impossibilité d'appliquer la loi des hommes, celle appliquée pour les autres hommes. Protégeons les artistes, les professionnels, tuons les amateurs et nous savons que demain les artistes ne seront plus. Pour protéger il faut empêcher. Alors, empêchons les fumeurs de se laisser aller à leur vice, réduisons leurs espaces avant d'interdire de fumer, de fumer tout simplement. Envoyons en prison, ceux qui voudraient se tuer en tirant ces bouffées néfastes sur ces objets par ailleurs étatiques. Envoyons en prison ceux qui iraient trop vite, insulteraient ma mère, riraient de ce que je prends au sérieux, ceux qui se mettraient sur ma route, la justice au service de tous ?
Nous vivons de bien étranges jours qui donnent le sentiment que nous vivons dans un monde de doute et de peur, de suspicion, de délation, de rejet, de repli. Souvent je me dis que nous ne devons pas continuer ainsi. Et puis je me souviens ce qui m'a été appris : je n'y peux rien, je ne suis rien, cela m'échappe... C'est vrai, quand je regarde loin, je ne peux rien faire. C'est cela qu'ils ont compris. C'est pour cela qu'ils me parlent d'ailleurs, qu'ils me parlent du monde et ils regardent mes bras tomber, ils pensent avoir gagné. Pendant un temps leur voix me parle, me rappelle que je ne peux rien. Puis quand elle se tait, leur voix, je me souviens, que c'est cela qu'ils veulent, que c'est ainsi qu'ils ont pensé réussir, en me faisant comprendre mon incapacité à changer les choses du plus loin ils pensent m'avoir convaincu de ne pas changer le cours des choses du plus près.  Je baisse les yeux et je regarde autour de moi. Dans le silence ma voix reprend le dessus. Je me rappelle que si je ne peux rien pour le plus loin, ma main peut encore toucher le plus près, changer le plus près, participer.. alors je tends ma main et celui qui devant moi était tombé, je l'aide à se relever. Je peux encore, maintenant je le sais, je l'ai toujours su.

Publié dans Autre inclassable

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