résidence de création, deux mois, des marionnettes dans La chambre (de Zette)

Publié le par Fabrice Levy-Hadida

Aujourd'hui ça démarre, chargement de camion, déchargement, montage de castelet et accueil public. Après une semaine à Wingles on recommencera. Démontage de castelet, chargement de camion, déplacement vers Marles-les-Mines, déchargement et montage de castelet. Deux mois dans la Salle du Rased. Deux mois pour faire paraître la forme de jardin de La chambre (de Zette). Deux mois avec de temps à autre des ouvertures au public pour qu'on discute, vérifie, réajuste. Après ce sera la tournée du 1 juillet au 19 août.
Mais,vite dit, dit approximativement, faire ce pari là, que je sais juste, n'est pas non plus la voie la plus facile pour que la création rencontre le réseau culturel. Le réseau culturel a des habitudes, des routes tracées, des princes et des baronnies. Faire ce choix, de travailler dans la proximité, pour la création d'un spectacle qui sera joué dans les jardins, les salles des fêtes, faire le choix de créer dans le castelet reproduisant partout un cadre de scène identique et idéal s'il répond à nos envies en terme rencontre de public, ne nous facilite pas le rapport avec les territoires de la culture et les partenaires culturels qui les occupent.
Je sais que ceux qui dirigent les lieux et salles dans lesquels la culture, en général se donne à voir, ne semblent pas regarder d'un bon oeil que nous ne travaillons pas avec eux, que nous n'ayons pas besoin d'eux pour diffuser nos créations dans des conditions idéales. La culture, l'art, on lui a construit des lieux que nous décidons non pas de ne pas fréquenter mais plutôt de ne pas mettre au coeur de notre processus de création et de diffusion.
C'est d'ailleurs aussi pour ne pas être à la merci de certains des acteurs culturel, diffuseurs, producteurs, que nous avons décidé de travailler en castelet... d'imaginer des créations qui ne seraient pas tributaires des bons vouloirs de diffuseurs. Et si nos choix portent aujourd'hui des fruits, il nous a fallu garder le cap, construire de nouveaux réseaux, dans la patience et la ténacité.  Et aujourd'hui, ces choix, alors qu'ils ne remettent pas en question l'existant culturel mais tentent de le compléter semblent faire peur à certains de ces acteurs, diffuseurs, qui voient leur pouvoir remis en question. Pour certains, ils n'aiment tellement  pas cela qu'ils essaient de nous barrer la route. Par un moyen ou un autre. Pourtant je ne crois pas que nous remettions en question leurs actions par notre existence ; pourtant je suis assuré que nos propositions complétent les leurs. Mais, pour certains, ils ne semblent pas le voir de cet oeil.
Avant de démarrer seuls, nous avons rencontré ces acteurs là aussi et nous leur avons proposé de nous aider à construire nos rêves, de devenir des partenaires privilégiés de ces constructions la. Et ils n'ont pas rebondi, et ils n'ont pas désiré donner suite à nos propositions...
Voilà comment nous en sommes arrivés à construire sans eux. Leurs murs n'étaient pas nécessaires, leurs outils n'étaient pas adaptés et surtout ils ne semblaient pas vouloir s'investir à nos côtés sur le chemin de créations qui échapperaient à leurs murs....
Aujourd'hui ça démarre, chargement de camion, déchargement, montage de castelet ..
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