Presque un an, souvenirs, prisons, et quartiers...

Publié le par Fabrice Levy-Hadida

Cela fera un an bientôt, que cet espace s'est ouvert. Il y a un an  je voyais pour la première fois, de mes yeux ce lieux d'exclusion et ses quartiers intérieurs, la prison, dans laquelle je retrouvais, ceux des quartiers extérieurs, les enfants délurés et écervelés mis un temps en cage. Les murs hauts, corridors et miradors, ce  n'était pas un film. Les murs sales et délabrés à Loos. A Loos où il valait mieux ne pas regarder la toiture, l'installation électrique et ses fils courrant le long des coursives. A Loos... Cela fait plus d'un an que je mettais les pieds à Sequedin, prison neuve et nouvelle, fini le Panopticon, la nouvelle conception de l'enfermement prenant le pas, l'exclusion presque hospitalière, plutôt désinfectant qu'ordure, mais là les hommes peuvent devenir fous lorsqu'ils ne le sont pas en y entrant... Cela fait un an et les images sont encore fraîches, les sentiments, l'impression que nous pourrions faire autrement, que nous devrions faire autrement, nous communauté des hommes que nous devrions travailler à n'exclure que rarement que lorsque toutes le voies, toutes les autres voies ont été épuisées. Cela fait près d'un an.
Dans les quartiers cela fait maintenant longtemps que j'y interviens. Dans les quartiers éloignés, comme dans les villes, les enfants ont une tête, deux bras et deux jambes. Leurs parents ont moins d'argent qu'ailleurs. Dans ces quartiers là, les services publiques y sont moins présent qu'ailleurs (hormis la police qui y intervient avec régularité et souvent sans ménagement) ; dans ces quartiers il y a moins de commerces, de cinémas, de théatres ; de toute façon, les gens qui habitent ces quartiers
sont pauvres ; ils ne pourraient pas se payer les services qu'on leur propose. Dans ces quartiers les habitants ont des télévisions, ils se nourrissent de feuilleton entrecoupés de publicité et ils voient ce qu'ils n'ont pas.
Les gens des quartiers quand on les met en prison c'est pas toujours parcequ'ils tuent, pillent, se comportent comme des barbares. Pour ceux des quartiers, le délit, absence de permis de conduire, acool au volant, souvent se transforme en peine de prison ferme ; mais l'éducation ne serait-elle pas plus efficace ? Ne vaudrait-il pas mieux éduquer plutôt que de construire de nouvelle places, de nouveaux drames, de nouveaux espaces d'exclusion ? Tout irait bien parce que les gens des quartiers, quand ils arrivent en prison, ils retrouvent la télévision, (s'ils peuvent la "cantiner")...
Oui, ils veulent en construire plus, des prisons, des murs qui protègent ou éloignent selon qu'on soit d'un côté ou de l'autre. Non, je ne veux pas en construire plus, je ne veux pas de cette société là, j'ai le choix, je peux voter.
Lisez "Ruptures" de Serge Portelli et le 6 mai, votez . lire en ligne.

Publié dans Point de vue

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